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DEUXIÈME AME. Hôureux voyage , qui mettra les cieux en fête.
PREMIÈRE AME. Cette ûmc, avec ses prières, ses jeûnes et ses sacrifices, brisa nos fers et abrégea nos tourments. Quand il vivait librement, il disait chaque jour pour nous un rosaire, et quand il entra en religion, mort pour l'enfer, vivant pour le Christ, son dévouement pour nous ne fit que s'accroître.
DEUXIÈME AME. Tu chauteras ses louanges au lieu où nous allons ; melons-nous pour le moment à la foule qui l'escorte et écoutons les pleurs de ses amis.
(Entre Antonio portant un linge taché de sang.)
ANTONIO. Il a terminé sa pénible carrière; la terre a reçu sa dépouille; son âme s'est envolée au ciel. 0 père, lu fus dans la vie ma nuée obscure, mais dans le fort asile de la religion, tu fus l'aimant qui m'attira. Il y a treize ans que tu combats pour élever la charité au-dessus de la force humaine, souffrant mille tortures; mais les linges tachés de ton sang sont plus précieux aujourd'hui que les plus riches étoffes. Ton corps, qui était hier un horrible spectacle, est aujourd'hui de l'argent poli et du pur cristal... Tes maux étaient en toi par miracle jusqu'au moment où tu as payé la dette de cette pécheresse, que tu as entièrement purifiée, tant Dieu estimait ta charité.
(Entre le prieur.)
LE PRIEUR. Antonio, laissez là les pleurs et fermez les portes, car si elles restent ouvertes, le peuple va se précipiter ici et ne nous laissera pas enterrer son ami.
ANGEL, entrant. Toutc la vlllo cst daus le couvent. On se jette sur le corps et on se partage sa dernière dépouille. Le viceroi lui-môme est dans la cellule du père de la Croix.
(Des bourgeois et des gens du peuple accourent en foule. L'un porte un liiïè'Li^Siaunglanté, l'autre un morceau du capuce du saint.)
PREMIER BOURGEOIS. Qu'emportez-vous ?
DEUXIÈME BOURGEOIS. Un linge de ses plaies. Et vous ?
PREMIER BOURGEOIS. Ce morceau de son capuce; j'y liens autant qu'à une mine que j'aurais trouvée.
DEUXIÈME BOURGEOIS. Sortons vito du couvent, de peur que les frères ne nous prennent ces reliques.
PREMIER BOURGEOIS. Voilà qui est bon. On m'arracherait plutôt la vie !
UN TROISIÈME BOURGEOIS, entrant. Jc n'ai pu enlever aucune relique du saint; mais je suis néanmoins satisfait, car j'ai baisé ses pieds sacrés. Le vice-roi a voulu aider les frères à porter le bienheureux dans le cimetière du cloître.
(On voit paraître les religieux portant sur leurs épaules le corps du père Christoval de la Croix. Le corps est couvert de chapelets. Une musique céleste accompagne le cortège.)
LUCIFER. Je ne puis me venger, même sur son corps, car ces chapelets le défendent.
LE VICE-ROI. Belle âme, qui, en prenant ton vol vers les régions célestes, nous as rendus témoins de ta fin heureuse, tu laisses l'enveloppe que tu habitais tout éclatante du feu de la charité et de l'amour divin qui brûlait en toi. Pères , faites votre office, et cachez dans la terre ce joyau du ciell
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