SCÈNE IX GÉRONTE, VALÈRE
GÉRONTE
Eh quoi ! c'est vous encor ?
s VALÈRE.
Mon oncle, je l'avoue, C'est moi.
GERONTE.
Vos pieds prendront racine dans la boue; Au même endroit planté vous restez trop longtemps, Mon cher, et vous aurez des feuilles au printemps,
VALÈRE
Je venais pour...
GÉRONTE
C'est bien ; allez-vous-en!
VALÈRE
De grâce!
GÉRONTE
Pas de grâce! •
VALÈRE
Mon oncle! ah ! que je vous embrasse!
GÉRONTE
Non ! non ! quel embrasseur que monsieur mon neveu !
VALÈRE
Mon oncle, il faut qu'ici je vous fasse un aveu...
GÉRONTE
Je refuse l'ouïe à tout aveu !
VALÈRE
Mon oncle!...
GÉRONTE
An beau milieu du nez qu'il me pousse un furoncle* . Si j'écoute jamais rien de ce que tu dis !
Je t'ai déshérité: de -plus, je te maudis !...
VAL ÈRE
J'aime...
GÉRONTE
Jeune indécent, quel mot cru sur ma nuque Vos impùdicités font rougir ma perruque !
vai.ère.
Oui j'aime Inez...
GÉRONTE
Assez ! Si je vous vois encor Dans ces lieux... Regardez ce jonc à pomme d'or!
Valère s* éloigne. Entre Frontin, qui échange avec lui un sign*.
d'intelligence.
VALÈRE
Mon oncle, vous avez des façons violentes.
GÉRONTE
Décampe... j'ai les mains de colère tremblantes.
valère. '
Calmez-vous... je m'en vais... maintenant mon destin Dépend de l'heureux sort des ruses de Fronlin.