‹ Théâtre: mystere, comédies et balletsChapitre 125 sur 228 · LES MÊMES, UÈS, VALÈRE, MARINETTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, UÈS, VALÈRE, MARINETTE

GEROME.

D'où sortez-vous?

MAUINETTE.

D'un endroit fort honnête.

VALÈRE

Nous avons fait dresser, chez le tabellion, Un acte en bonne forme.

GÉRONTE

Oui, la donation.

VALÈRE

Non pas! mais un contrat...

GÉRONTE

Comment !..

VALÈRE

De mariage, Entre madame et moi !

GÉRONTE

J'éclaterai de lage !

LE TRICORNE ENCHANTÉ. 27î

VALÈRE

Nous avons réfléchi que l'auiour et l'hymen Peuvent marcher ensemble en se donnant la main.

GÉRO>TE.

C'était moi qu'elle aimait.

MARINETTE

Femme souvent varie, A dit un roi de France, et bien fou qui s'y lie '

FROJNTIN.

Faites le mouvement de bénir les époux.

GÉRONTE

Si tu railles encor, je t'éreinte de coups !

MARINETTE

Valère est si gentil '

GÉRONTE

Gourgandine ! carogne !

CHAMPAGNE

Monsieur, reprenez-moi.

GÉRO^TE.

Que me veut cet ivrogne ?

Des calottes? J'en ai!

11 le soufflette.

CHAMPAGNE

Ma place ou mon ai'gent !

GÉROiSTE.

Je t'ai ramassé lui comme un petit saint Jean,

Et t"ai payé fort mal des gages très-minimes.

Comment as-tu gagné cet argent? Par quels crimes?

CHAMPAGNE

Monsieur, c'était du temps (|ue vous étiez,., cocu...

GÉRONTE

Je te reprends !

CHAMPAGNE

Oh ! si madame avait vécu !

GÉROiME.

Tais-toi.

SIARINETTE.

Ne soyez pas un oncle coriace !

A ce couple charmant, de bon cœur, faites grâce!

GÉROME

Jamais !

IiNEZ.

Mon cher tuteur, nous vous aimerons bien.

GÉROMF.

Point.

FROjNTIX.

En faveur du but, oubhez le moyen,

VALÈRE

Mon oncle !

GÉRONTE

Mon neveu, vous êtes un lier drôle;

Mais je suis un Géroute, il faut jouer mon v6\c... Je pardonne !

TOUS

Merci.

FRONTIN

Fais ton rôle à ton tour, Public, pardonne-nous... sois oncle... pour un jour, Accorde tes bravos à cette comédie; En tout temps et partout elle fut ap})laudie : C'est l'oncle et le valet, la pupille et l'amant ; Le sujet qui fera rire éternellement !

Oiseau de gai babil et de brillant plumage, Nous différons des geais et des merles en cage. Les auteurs font pour nous de la prose et des vers ; Mais sans être sifdés nous ap[)renons nos airs. Bien que nous n'ayons point pris le nom de Molière, Ne va pas nous traiter de foçon cavalière : Tu nous connais déjà, nous sommes vieux amis. Et tu peux nous claquer sans être compromis.

FIN DU TRlCOKNEENCIIAJiTK

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