‹ Théâtre: mystere, comédies et balletsChapitre 50 sur 228 · I.K DUC · texte numérisé non relu

I.K DUC

.Ma clièrc Céliiulc, \v vous aime plus ([ne vuu> ne saui'iez le croire d'après mon ton léger et niesmanières> ri voles. Je ne vous ui jamais dit de phrases alambipiéfts: — pourtant j'ai fait pour vous des sacrifices ilevant lesquels reculeraient bien des amants ampoulés et romanesques. Sans parler de deux ou trois coujis dépée que j'ai donnés et que j'aurais pu recevoir, — pour que vous pussiez écraser toutes vos rivales, pour que votre vanité iéminine ne soulYrît jamais, j'ai engagé le château de mes pères, le manoir féodal peuplé de leurs portraits, dont les yeux fixes semblent m'accabler de reproches silencieux. Lesjuifsonl entre leurs sales griffes les nobles parchemins, les chartes constellées de sceaux armoriés et d'empreintes royales ; mais Célinde a (ui faire ferrer d'a'.'gent ses fringants coursiers, mais sa beauté, Heur divine, a pu s'épanouu' splendidement au milieu des merveilles du luxe et des arts, ce joyau sans prix a vu son éclat doublé par la lichesse de la monture. Et moi, 1 air dédaigneux et le cour ravi, tout en ne parlant que de chiens et de chevaux anglais, j'ai joui de ce bonheur si doux pour un galant homme d'avoir réparé luie injustice du sort en faisant une reine... d'opéra de celh qui eù[ dû naitrc •iur un trône.

ILORINE.

Comme monsieur le duc s'exprime avec l'acililé, bien qu'il n'emprunte rieu au jargon des livres à la mode ! — Je n'aime pas les amoureux, qui donneraieul leur vie pour leur maîtresse, et qui lui refusent ein({iiaMte louis ou la quittent pour quelque plat mariage-

CKLINDE.

Cher duc, ah! si j'avais pu savoii'!... Hélas! il est trop tard... Saint-Albin m'adore... je dois Unir mes jours dans cette retraite... loin du biuii. lom du monde, loin des succès.

l.E DUC.

Renoncer ainsi à l'art, à la liloire, à l'espon- de se faire un nom innnnrtel j)()ur im i^rimaud (pii vous trompe, j'en suis sur... Laisser cette grosse llosmiènc faire craquer sous son ])oids les planches (pie vous cllleuriez si légèrement du bout de votre pelit pittl. c'est impardonnable! Le public a si mauvais goùl. (fu'il serait capable de l'applaudir.

CÉLIXDE.

Le })arterre prend souvent l'indécence |iour la volupté et la minauderie pour la grâce.

LE DUC

Vous n'auriez qu'à reparaître jioiu hi laiie rcnihci parmi les tigurantes à vingt-cinq sous la pièce, dont elle n'aurait jamais dû sortir.

CÉLINDE.

Pourquoi paiior de cola, puisquo mon sort osl à jomnis lixr?

i.K nrc.

Co sout là dos mots hicu solennels.

SUZON, une leUrc i h main.

Madame, voilà une leltre (pi'un petit garçon m'a donn('e pour vous.

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