SCÈNE PREMIERE
FRONTIN, M.VRINETTE.
FRONTIN, entrant, à part.
Oiioi ! Miu'inette ici !
MARINETTE, même jeu,
Frontin! quelle rencontre
FROMI.N, de mémo.
La cociuiiie !
MARINETTR, de rnùinc.
Le drôle !
218 TllÉATU K.
FRONTIN, de uu'me.
Il faut que je me laoïilie.
Elle m'a vu...
Haut.
Uonjour. MarineUe.
MARIKETTE.
Ronjoiii', Froutiu... Ce cher ami, le voilà de retour !
FROML\.
Oui, tl'liier, seulement... .J'étais à la campagne. Dans mes terres...
MARINETIE.
Et moi qui te croyais au bagne !
FROM'IN
Tu me Halles!... Mais, toi, (|iii donc m'a raconte Que, i\iute de château pour passer ton été, — N'en rougis pas, la chose arrive auxjduslionnèlcs !... Pendant six mois, tu pris l'air... aux Madelonnettes?
WARIXEXTE.
h'oîi je sortis le jour que, par malentendu
Sans doute, en plein marché ton oncle l'ut pendu...
FRONTIN i
Hélas ! de conq)agnie avec monsieur ton père... Quel brave homme ! Le ciel l'enviait à la tei'ie, Si bien (pi'il a t'allu le mettre entre les deux! lli! hi! hi! hi!
LF, Tl! ICORM': EN Cil \>Ti:. 21*1
MARINETTE
Cessons des propos hasardeux.
A (jiini bon rappeler de semblables vétilles? (lliacim a ses mallieiirs, et si dans nosfiiniilles Il sest trouvé parfois de ces rares esprits, j'ar des juges mesquins, méconnus, incompris. Faut-il l'aller crier sur la place publique? Non, ce n'est pas ainsi qu'entre amis l'on s'explique!
FP.ONTIN.
C'est juste. Mais changeons d'entretien. Que fais-tu )laintenant?
nion qui soit contraire à la vertu.
FROKTI.N.
Ah ! bah !
MARINETTE
De mes conseils j'aide une demoiselle Charmante, sur qui pèse une affreuse tutelle
FRO.NTI.N.
Oui donc t'a procuré de bons certificats ?
MARINETTE
Insolent!
FRONTIN
La, tout doux ! .Te fais le plus grand cas De toi... je plaisantais.
MAIU.NF.TTE.
Trêve de raillerie î Sur quel pied, dans ce monde, est Votre Seigneiirie ?
FROMIN.
,1e sers un peiitilliomme amoureux, — l'animal ! .1 ai trrs-peu de })rotîts ; mais j'ai beaucoup de mal. Il faut tout faire! Ah! si le sort m'avait fait uaiire Situé de façon à pouvoir être maître, .le ne l'aurais pas pris pour \alet, à coup sur ! .N'est pas valet qui veut ! C'est un métier fort dur; Ou exige de nous tant de vertus... pratiques ! Bien des héros seraient de piètres domestiques; Les maîtres! que feraient sans nous ces marauds-là ï
>IARI>ETTE.
Mais si quelqu'un au tien allait dire cela?...
FROMIN.
Il n'en ferait que rire; il m'aime. J'ai des vices...
MARr>ETTE.
J.es(piels rendent aux siens de précieux services'
FROMIN.
C'est vrai ! Je suis adroit ; mais il est amoureux. Et ces deux grands défauts se consolent entre eux !
MARINETTE
C'est comme moi, Frontin ; si j'étais trop naïve. l)e quoi doue servirais-je à mon Agnès craintive'/
m; TP.nioriNE enchamk. 2^21
FROMIN .
Je m'en ra|»[)(»rtc à toi [tour l'aiio ton devoir, Mai'inette... A j)it)pos, je voudrais bien savoir Pour quel motif tu viens, à ces heures sauvages, Mvstéiieuseinenl roder dans ces parages?
MAlilNETTE.
Ainsi que toi, je suis dans la position,
Clier Frontin, de commettre une indisci'étion ;
— Je la commets. — Pourquoi venir ici, vieux drôle,
La toque sur les yeux, le manteau sur l'épaule?
FnONTIN.
Réponds, je répondrai.
MARIXETTE.
Tu sais qu'eu demandai it I/on n'obtient rien de moi. J'ai des mœurs.
FUOiSTIN.
Cependant 11 n'en fut pas toujours ainsi...
MAP.INETTE.
Fat'
FRONTIN
Oublieuse 1
MARIiNETTE.
Impertinent !
FROXTIX.
Méchante !
222 THÉ ATP. R.
MARINETTE
Indiscret !
FROXTIN.
Cnrifiisc !
MARINETTE
Chut ! quelqu'un vient.
FRONTIN
Eh ! c'est Champagne, le valet De Géronte... A-t-il l'air d'un oison!
Est-il laid!