ACTE SUPPRIMÉ
MADEHOlSiaiK RAMBERT
Vous avez peur, tout de même? Non?... Alors, c'est votre jolie robe qui vous rend si flere?... Écoutez...
LOIISETTE, debout, tout près de Mlle Rambert.
Quoi?
MADEMOISELLE RAMBERT
Enfin... voua êtes tout de même la seule qui ne veniez jamais me voir, dans ma chambre?... Vous n'avez donc jamais rien à me dire?... Jamais besoin d'un chiffon... d'un livre?...
LOIISETTE
y sais pas lire...
MADEM0I5.ELLE RAMBEUT
Alors, de causer un peu?
L0l'I?ETTE, gênée.
C'est pas mon affaire... Le soir, j'ai enviede dormir...
MADEMOISELLE R.VMBEltT
Les autres viennent bien...
LOIISETTE
C'est des hypocrites... Et puis ça les regarde...
MADEMOISELLE RAMBERT
Tenez... voilà justement pourquoi je vous aime bien, Louisette... .J'aime votre caractère... Vous valez mieux que les autres... Vous êtes fière... Ça vous va... Et gentille!... .le pourrais faire beaucoup de choses pour vous... je pourrais être une famille pour vous... sans que vous vous humiliiez... Je ne demande qu'à m'intéresser à vous. Mais voilà... Je veux savoir où je vais... (Elle pose la main sur les hanches de Louisette.) Il faut qu'on
soit pour moi, ou contre moi... ma fille ou mon ennemie...
LOllL-ETTi:
.)■ suis pas vot" fille... J' suis la fille de personne...
Elle se dégage brusquement.
M.VDEMOISELLE RAMBERT
Allons!... allons!... (Elle essaye de la retenir. Louiselle 30 débat et son tablier reste dans les mains de ilile Rambert, qui ?e lève, colère. Pendant ce temps, Courtin, qu'elles n'ont pas vu venir, monte doucement les marches du perron.) Ah ! tu fais la mauvaise tète?
LOlisETTE
;»Iais non...
MADEMOISELLE RAMBERT
Voilà comment tu reçois mes gentillesses!... Eh bien, ma petite, nous allons voir qui sera la plus forte... et si je vais te mater... On te fouettera comme une antre, morveuse !
LOIISETTE, arrogaiile.
Morveuse ?
MADEMOISELLE RAMBEUT
Op. te fouetterai... Nous verrons...
LOiiSETTE, avec déG.
Morveuse... ou non... je ne conseille à personne...