ACTE PREMIER
BIRON
Celui-là est tout h fait gracieux... La charité et les jubans!... Et puis... Quoi?... C'est la vie... Elles ne Font pas au Foyer pour faire la fête, ces petites... pas encore!... Le Foyer, c'est toujours deux cents malheureuses, qui, au lieu de mourir de faim... d'auberv.\l
...se tuent à travailler...
COURTIN, choqué.
Oh!...
BIRON
Que voulez-vous, jeune sociologue?... Il faut des pauvres et des riches.
d'auseuval Dites qu'il faut des pauvres aux riches...
BlR0>'
Eh bien... moi... le sociaUsme ne me fait pas peur, ail ! et je dis hardiment qu'il faut des riches aux pauvres...
COURTIN, à d'Auberval.
Écoutez-le... ;A Biron.) J'ajouterai seulement : de bous riches... Voyez Biron, notre grand remueur d'affaires... il gagne beaucoup d'argent...
BIRON, modeste.
Oh!... oh?...
COURTIN
Il en donne aussi beaucoup.
BIRON, bonliomme.
C'est un fait... On me tape... Je suis excessivement tapé...
d'aiiîf.îivai.
Et à quoi aboutissez-vous avec tous ces dons... et tous ces tapages?... A peine une miette de sucre pour sucrer l'Océan...
conr.Tiis
J'avoue que nous ne faisons pas tout... On ne peut pas tout faire...
Il va à son bureau.
Bino.x Pas tout faire, à la fois... (Il s'assied sur le canapé.) C'cst
évident.
COlUlI^i
Mais on fait quelque chose.
d'al'beuval Au petit bonheur... Toujours la tombola.
Il s'assied près de Tliérèsc.
COIT.TIN
H est bien certain que le hasard... que la chance gouverne tout en ce bas monde...
d'aiuerval Et la Justice?
Diron hausse les épaules.
COLIlTl.N
Mon cher enfant, on s'expose à de graves déceptions quand on ne compte que sur la Justice... Vous èles jeune, enthousiaste... vous rêvez... Mais vous reconnaîtrez vous-même, bientôt, que nous ne sommes pn^ mûrs pour le règne de la Justice... (S*aiipuyant à son bu-