SCÈNE IV Les Mêmes, CHARLES DUFRÈRE
CQURTIX, poui'suivaail sans taire attention à Dul'rère.
La résignation... l'admirable vertu des déshérité?... Oui, par bonheur, les pauvres ont la résignatian...
BIRON
C'est leur force.
d'abkerval
Croyez-vous, monsieur lo baron, que les pauvres ne finiront point par se révolter un jour, contre cette charité Cjui entretient leur misère, pour sauvegarder les richesses des riches?...
BIRO.N, éclatant.
C'est inouï!... Mais, émineiit sociologue, les pauvres sont justement les pauvres, parce qu'ils sont incapables de se révolter... Ils n'ont même pas le temps d'y songer... Le travail, la misère, ça abrutit..,.
THÉRÈSE
C'est ignoble ce que vous dites là...
BIRON., gaiement.
Ah! ab!ah!
40 LE roYElt.
COlTvTIN, à Liruii.
Prenez garde... Si les pauvres manquent de loisirs, d'autres en ont qui pensent pour eux... et les mènent... El c'est bien là le danger...
TllÉnf:SK, désiirnant Dul'rciv <]ui uttciid.
Mon ami...
COUUTIN, poU!>uiviiiit.
Eh! c'est bien là le crime... !^Ouvrant un dossier.) Tenez, voilà le dossier des Prix, de vertu que m'a remis l'Académie. (.Mettant son lorgnon.) A mesure que je l'étudié, je suis émerveillé... Je voudrais vous faire toucher du doigt tous ces trésoi's d'abnégation, de sacrifice... Mais les pauvres sont contents de leur sort... ils ne demandent rien...
liinoN Évidemment.
curr.Ti.N El savez-YOus ce qui m'émeut le plus... ce qui, en même temps, me fortifie le plus dans mes idées?... C'est que ce sont les êtres les plus humbles, les plus dénués, les plus ignorants... disons le mot... ks illettrés...
liir.ox Écoutez ça d'Auberval 1
corr.TiN Oui accomplissent les plus belles actions...
mnoN Braves gensl...
COURTIN
Voilà ce que je voudrais faire comprendre... non
ACÎE l'IŒMIEIl. 41
pas aux socialistes... ils sont trop fous... mais aux radicaux-socialistes, qu'on peut faire rénécliir... Beaucoup sont riches...
lilItON
Trop riclu^s !
CULr.TI.N
On on (lit trop aux pauvres... On les instruit trop... (GmAc or.itoire.) Yous prétendez, messieurs, qu'il y a trop peu d'écoles, moi, j'ose alïirmer qu'il y en a trop...
BU'iON, applau'lissant.
lîravo! Dravol
COrUTiN, après un clin «l'iuil sur Dulrùie.
Il n'osl pas désirable que l'insti-uction s'étende davantage... (lar l'instruction est un conunencemeni d'aisance, et l'aisance n'est pas à la portée de tout le monde...
BUION
Je propose l'affichage... (Cliangcant Jeton.; On ne vous écoulera pas.
COIUTI.N
Du moins, j'aurai crié : « Casse-cou! » (Se tournant vers Duiré.-c.) Qu'est-ce qu'il y a, Dufrère?
Il pii'ud le papier que lui tend Dufrère et le parcourt.
TIIÉIIÈSE, à Durrére.
Vous voudriez bien que nous vous rendions le baron".'
DUFRÈHE
Madame, même mon cabinet est plein et j'ai dû faire entrer des visileurs au salon...
42 LR FOYia.
niRON
?>OUS pr:rlons... nous partons... (A d'Auberval qui baise la
main de Thérèse.) Jeune homme, j'ai mon auto, et si vos opinions vous permettent d'aller en auto, je vous emmène.
d'auberval, à Thérèse.
A demain, madame.
corRïi.v
Ah! messieurs, ne manquez pas d'être exacts?... H faut être au Foyer avant deux heures...
THÉRÈSE
Monsieur d'Auberval... 184, rue de la Cliapelle.
d'auberval Je sais... Je sais...
COLRTl.N
Personne ne doit arriver après la duchesse.
BIRO.N
La duchesse?
CXtCRTIX
La duchesse de Saragosse.
D'Auberval sort.
EIRON, à Ihérèse, qui se laisse baiser la main de mauvaise frâce. et désigoant d'Auberval.
Vingt-six ans?
Thérèse hausse les épaules. Biron sorf.