COLT.TIN
Sï je n'oublie aucune des personnes qui s'intéressent à vous... (Feuiliciant nn dossier.) dans le monde, dans les journaux, au Sénat, à l'Institut, jusque dans le gouvernement, et jusque dans mon département, j'aurai, si vous obtenez le prix Cornard-Cabasson, une centaine de l'.ltres à écrli^e, pour l'annoncer...
BEI.AIR, même jeu.
Mon cher maître, je suis confus...
COIRTIN
Quoi donc? Monsieur, on a les amis qu'on mérite...
4G LE FOYEI'..
Un pclil silence.
ULLAIK
Alors c'est le prix Cornard-Cabasson ?
COLUTl.N
Il ne vous plait pas.
liKr.Air. , vivement.
Au contraire, mon cher maître... Un très beau prix... Je n'aurais pas osé...
CULUli.N'
En réalité, si vous l'obtenez, laissez-moi vous dire que ce n'est pas seulement par égard pour le nombre de vos amis, ni uniquement en considération de votre talent. (Behùr s'incline.) Non... Il m'est agréable de voir couronner en vous le jeune défenseur des idées qui sont chères à tous les vieux amis de l'ordre...
BKI.AUl, vivement.
Oh I sous ce rapport !...
11 mol la nutin sur sa poiliinc.
C'HUTIX
Je le sais... Aussi, connaissant vos idées, je tiens beaucoup à vous mettre en garde contre un penchant qui vous entraînerait, peut-être, plus loin que vous nipensez.
lliXAU',, 1res huuiljle.
C'est vrai, mon cher maître, on m'a reproché... certaines hardiesses... dans la peinture des choses do l'amour.
COUISTLS
Elles ne me choquent pas... Elles ont de la grâce...
ACTI-: PREMIKH. i7
Non... Je voulais parler du penchant que vous avez pour la satire, on ne se défie jamais assez du penchant pour la satire... A force do décrier les mœurs du temps, on fraie son chemin à la lîévolulion.
Dieu m'en garde I
rniT.TFx
Je savais qu'il suffirait de vous avertir... Retenez bien ceci... Flien n'est capital, pour le maintien de l'ordre, coniuio de taire le mal... Il est beaucoup moins important de faire le L'ien que de taire le mal... Taire le mal... taire le mal... l'empêcher, si l'on peut... mais, surtout, le taire...
liELAin, un peu élimné.
Voilà une maxime que je n'aurai garde d'oublier.
r.OlT.TIM
Elle vaut d'être méditée.
H 5C lève.
I!EI Un. se levant aus>i.
Alors, mon cher maître, vous me permettez de compîer sur votre appui?...
coimix
Vous pouvez y compter absolunienl.
Il lui tond la ni.nin.
BELAIII Merci, mon cher maître... 'il se diiijre vers la j>orlo, rcvoniluii par Courtin.; Si je ne craignais pas d'abuser, je vous demanderais la permission de vous mettre à contribution, pour une série... il s'miTio. pour une série set^sationneiie que je prépare au Figaro, sur ce que jappt-lle
le « Personnel de la Charité »-.. les « Salons clKiritables »...
COURÎIN
.M is c'est fort délicat!...
BtLAir,
Oh !... Ce n'est pas pour tout de suite... Pour l'entrée de riiiver... La charité ne redevient d'actualité qu'aux premiers froids....
Il reprend sa direction vers la porte.
COURTIX
Eh bien... nous verrons à la rentrée...
A la porlc.
BELAIR
Merci, mon cher maître... merci encore...
COCRTIN "^
Taire le mal... taire le mal... t^iire le maJ...
Cela r appronve et sort en s'inclinant profondément. Il serre la main lie Dufrère qui paraît à la porte.