ACTE PREMIER
COBRTi:f
C'est un vieil ami...
TIIÉUÈSE, agressive.
Lui auriez-vous encore demandé un service, qu'il redevient impertineol?
COIRTIH
Pas le moins du monde... Mais non, il y a tout simplement que vous avez moins d'indulgence pour ses défauts, depuis que vous n'aimez plus ses qualités... vous vantiez naguère sa bonne humeur...
THÉRÈSE
Il rit trop et trop haut:
COURTIW
Vous ne l'entendez que parce que vous ne riez plus avec lui.
THÉRÈSE
Mettons... quel mal voyez-vous à ce que nous nous brouillions avec Biron?
CODRTIN
Ce serait au moins une maladresse. 11 faut se croire bien sûr de soi, pour se brouiller avec ses amis puissants. Il ne manque pas de gens, de par le monde, envers qui la sévérité ne coûte rien...
THÉRÈSE
A. l'entendre, nous serions menacés de je ne sais quel malheur!
CÛCRl I.N
Je cherche ce qu'il a bien pu dire...
THERESE
Rien de précis... Une des affaires où il vous a introduit serail-elle particulièrement louche?
GODRTIN
Je n'ai pas accepté d'être d'un conseil d'administration dont il ne fût pas membre.
THERESE
Excellente précaution... où je reconnais toute votre prudence... Enfin, vous n'avez pas quelque autre chose à craindre?
COUR TIN
Rien... ma chère amie, absolument rien... Que voulez-vous que j'aie à craindre?
TJIÉRÈSE
Est-ce que je sais?... C'est ce Biron avec ses insinuations.
COUilTI.N
Tranquillisez-vous... (Avec humeur.) Ma situation, sinon ma fortune, n"a rien à envier aux millions d'Armand Biron... Ces parvenus sont extraordinaires!... Une de ses manies, à celui-là, c'est de croire ruinés tous ceux qui n'ont pas, comme lui, sept ou huit cent mille francs de revenus...
THÉRÈSE
C'est vrai... Avec lui, on est déshonoré quand on prend un fiacre!...
COIRTIN
Comment?