ACTE DEUXIEME. 9J
d'auberval C'est vrai...
THÉRÈSE
Par qui ?
d'auberval Que vous importe ?
THÉRÈSE
Il m'importe beaucoup, au contraire. Dites... dites...
d'alberval Il y avait là le général Fain...
THÉRÈSE
Puuul !
ii'aibervai.
D'Auberive... Le Veneur... Steiner... (l'Epiais.
THÉRÈSE
C'est tout ?
d'aiuerval Oui...
THÉRÈSE
Des gens que je ne reçois pas... que je ne connais pas... ou à peine... Et ils disaient du mal de moi ?
D'Al'SERVAIi
Non... On parlait même gentiment de vous... mais...
THÉRÈSE
Mais?
d'auberval On parlait de vous comme on parle des autres femmes.
96 LE FOYEU.
TllÉPiÈSE, attendrie.
Pourquoi ne voulez-vous pas que je sois, pour tout le monde, une femme comme les autres? (Elle lui abandonne sa main qu'il baise.) A propos de quoi cetle conversation?
d'auberval
Vous allez vous fâcher de nouveau... (Geste de Thérèse.)
A propos des embarras financiers du baron... On a bien peur qu'il soit ruiné... On vous plaignait...
THÉRÈSE
Ils ont de la pitié de reste... Je ne suis pas à plaindre... (Un temps.) Vous ne dites pas tout.
d'auberval Eh ])ien, non... (Extrêmement gêné.) Ce qui m'arendule plus malheureux, c'est d'entendre trop souvent répéter... en même temps que le vôtre... le nom de...
THÉRÈSE, avec tranquillité.
Biron.
d'auberval, stupéfait.
Oh!
THÉRÈSE, même ton.
Croyez-vous que, depuis dix ans, ce soit la première fois que cette calomnie? (Elle regarde bien en face d'Auberval aliuri.) Oui... je sais... j'aurais dû fermer ma porte à Biron... C'est mon mari qui m'en a empêchée... Il a bien fait, après tout... Biron est ce qu'il est... Mais c'est un excellent ami, à qui nous devons beaucoup... Et puis, qu'on dise ce qu'on voudra... Je m'en moque... Non, vraiment, les gens sont trop bêtes!
d'auberval Trop méchants !...