‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 1 sur 113 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce théâtre féerique, lyrique, épique et légendaire, écrit, il y a vingt ans et plus, sous la visible inspiration de Leconte de Lisle et du poète lauréat anglais sir Alfred Tennyson, sous l'obsession aussi des Mantegna, des Carpaccio, de Gustave Moreau surtout et peut-être de Bceiilin (car la peinture est bien plus près qu'on ne le croit de la mise en scène, et la beauté du théâtre grec réside peut-être toute entière dans la parfaite harmonie des acteurs et du décor), ce théâtre de mes vingt ans, et de mes trente ans aussi, évidemment puisé à tant de sources différentes, fut surtout rêvé, composé et voulu pour une interprète unique, une géniale, ingénieuse et rythmique artiste, dont la merveilleuse compréhension de la scène, la plastique incomparable et une diction autrefois de caresse ont bouleversé, révolutionné, enchanté, passionné et captivé tout un siècle.

Je n'ai pas besoin de la nommer.

On aura vite deviné que, pareil en cela à tous les poètes de ma génération, pendant vingt ans, je n'ai rêvé et n'ai voulu qu'elle pour interprète.

Elle a été tour à tour la Viviane onduleuse et féline

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