‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 109 sur 113 · UNE VOIX DE FEMME · texte numérisé non relu

UNE VOIX DE FEMME

Non, la geôle aux lépreux, Tin-pace !

Qu'elle ait froid, qu'elle ait faim et que sa chair expie!

LORE, se laissant tomber à plat ventre avec un grand cri. Oh!

L'ÉVÊQUE, se penchant sur Lore.

Que veux-tu, pauvre âme à mes pieds accroupie?

LORE, qui l'a entendu, se relève à demi. Ce que je veux"? La mort.

(Rampant ;ï f,'cnoux et s'abattanl aux i)ieds de l'Evèque.)

Frappe-moi, j'ai péché.

Le crinae de ma vie à tous les yeux caché Éclate au jour, mon œuvre est criminelle, atroce :

(Se tournant vers les fidèles.)

Tous vos fils ont saigné sous mon baiser féroce,

Braves gens.

(Avec un grand geste.)

J'ai comblé les bières que voici; Frappez-moi, mais, de grâce, emmenez-moi d'ici!

J'e'touffe...

(Marchant sur les genoux.)

Ces pas lents, ces cagoules, ces bières. Ces cierges flamboyants, ces femmes en prières M'épouvantent, j'ai peur... ces cantiques sacrés Me font mal : j'ouvre en vain mes bras désespérés Et veux prier encor; mais non, je suis sorcière. Et suis maudite, hélas!... le ciel et sa lumière M'exaspèrent et j'ai la même horreur de moi Que ce peuple affolé, qui me conduit vers toi. Evêque, écoute-moi,, sauve la race humaine! Frappe-moi, mais, de grâce, ordonne qu'on m'emmène : Le sang me monte aux yeux, j'ai honte de parler...

(L'Évéque reste terrifié et curieux, le buste penché sur I-ore). UN DIACRE

Elle entre en agonie.

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