SCÈNE PREMIERE
PRISGA, CAMILLUS
La toile se lève, un parc en plein été : au fond toute la scène est occupée par un grand mur orné de glycines et de vignes, derrière on voit les hauts ombrages d'une forêt, un peu vers la droite, petite porte percée dans le mur, surélevée de trois marches. — A gauche l'aile d'un corps de logis avec péristyle et perron de cinq ou six marches de toute la largeur de l'aile ; devant l'habitation un grand cèdre au feuillage noir, sous le cèdre un banc de pierre, parterres de roses, de lys, d'iris et de plantes rares. Le parcs'enfonce à droite et à gauclie de la scène. Au lever du rideau un grand vélum bleu brodé d'argent est tendu dans le cèdre, au-dessus du blanc des étoffes précieuses et des coussins, et uti lit de repos à côté, et une liarpe. Au lever du rideau la scène est vide.
LA VOIX DE FEMME, dans l'éloiguemeut. ]
Viens, c'est l'heure où les aubépines, De combe en combe au loin neigeant, Apparaissent dans les ravines Comme uu léger brouillard d"argcnt.
(La voix et la musiiiue s'élei^'nent; liniil ol fracas du broussailles remuées derrière le mur.]