SCÈNE IX
LA REINE, RAIMR.AL'DE, UNE SUIVANTE, puis LA BÊTE
RAIMBAUDE
Vous sentez-vous bien, madame'? vous n'êtes pas trop lasse '?
LA REINE
Merci, ma bonne Raimbaude, cette -forêt fleurie, ces oiseaux dans les hautes ramures, le calme de cette belle matinée et cette odeur de feuilles, tout cela, je le sens, hâte ma guérison. Vois, je suis toute ranime'e.
RAIMBAUDE
C'est un vrai miracle qu'a ope'ré là votre maître docteur.
LA REINE
Et notre chapelain aussi par ses bonnes et rafraîchissantes paroles. La paix du cœur, vois-tu, c'est aussi la santé du corps; la conscience en repos fait refleurir en nous la force. Vois comme je marche bien.
RAIMBAUDE
Dieu nous a pris en pitié^ madame.
LA REINE
Et je suis en joie d'aller lui rendre grâce en cette petite chapelle des bois. C'est toi qui, j'^n suis sûre, Raimbaude, as eu la gracieuse idée de ce pèlerinage, et tous ces jolis enfants que nous allons voir, mon cœur en frémit d'aise à l'avance, fronts innocents nimbes de fleurs d'avril, regards emplis de ciel, faces et fraîcheurs d'aurore! il est d'heureuses mères ici-bas.
(A ce momeut la bète, qui pou à peu est sortie de sa cachette, se jette ljrus(iueiiient avec des gestes imphirants aux pieds de la reine.)
I^A REINE, avec un cri d'iioirour.
Qu'est-ce que cela?
LA MA>DP,AGOr.E 187
nAI>rRAUDK. joignant les mains.
Ciel! Quelle horrible bête! au secours, au secours!
(Aux cris de daine Raimbaude la bète joinl ses pattes d'une façon suppliante.)
l.\ RKINK, comme figée de stupeur.
C'est tout à fait le monstre de mes rêves. Le pauvre petit être serait de cette taille, si on Teùt laissé vivre...
R.VIMP.AUDR, criant toujours.
A l'aide, au secours de la reine, au secours!