‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 91 sur 113 · UNE VOIX DE FEMME · texte numérisé non relu

UNE VOIX DE FEMME

Au secours!

GENÈVRE. se levant,

LA SUIVANTE

Ah ! madame!

GENÈVRE

Eh bien?

LA SUIVANTE

La populace Dans la cour du palais est entre'e et menace. Ils ont rompu la porte et déjà les degrés Du donjon sont jonchés de gardes massacrés.

GERYN, mettant la main à son épée.

J'y vais.

GENÈVRE

Non, toi, demeure.

(A la suivante.)

Et le Ilot populaire En veut à ?

LA SUIVANTE

Vous, madame, et leurs cris de colère, Écoutez-les plutôt, proclament votre nom.

DES VOIX

A bas Genèvre, à bas!

D'AUTRES VOIX

L'adultère au balcon!

GENEVRE

Ils ont dit?...

LKS VOIX

Et Geryn avec elle, le traître !

GENÉVRE

Nos deux noms ?

(Un capitaine entre effaré en courant. Bruit de foule.)

LE CAPITAINE

Ah! madame, il en est temps peut-être.

Fuyez vite, prenez quelque escalier secret. La foule est sur mes pas, elle me suit de près; €e sont des forcenés, de vrais chiens, une meute... Et Morold, le neveu du roi, conduit l'émeute.

GENÈVRE

Morold, ah! tout s'explique en entendant ce nom ! Morold, face de traître et cœur de chien félon ! C'est le fauteur du trouble, hein ? et c'est lui qui guide La plèbe révoltée.

LE CAPITAIX •;

Oui, madame.

GENÈVRE

Et l'égide Des cent leudes royaux de la garde a donc fui '?

LE CAPITAINE

Leudes, gardes, seigneurs, la cour est avec lui.

LES VOIX, se rapprochant.

L'adultère au balcon!

Populaire hurler!

Fuyez!

GENEVRE

Entendez-vous la béte

LE CAPITAINE

Ah! sauvez votre tête,

GENEVRE

Moi, fuir! J'attends mon peuple et mon neveu.

(Des gardes entrent précipitamment et roulent à terre, tués; tumulte, cris. La tapisserie du fond s'ouvre toute grande, laissant voir une foule arrnée de piques, de faux, avec des torches ; au premier rang, des chevaliers, des barons en armes; Morold est devant. On voit derrière la galerie éclairée par la lune.)

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