‹ ThéâtreChapitre 104 sur 116 · UN ARTISAN · texte numérisé non relu

UN ARTISAN

Les bourgeois Prote'gent Loreley, mort aux ventrus !

PREMIER BOURGEOIS

Je crois Qu'il va falloir rentrer pour de bon.

UN HOMME DU PEUPLE

La Justice

Est avec la ribaude, et la troupe est complice... Courons sus à la troupe!

SECOND BOU'RCtEOïS

Un gros de cavaliers Se rantçe sous la halle et du haut des piliers Déloge les gamins grimpés : "une tuerie Atroce se prépare,

PREMIER BOURGEOIS

A ce peuple en furie Vous la livreriez, vous?

SECOND :B0URGE0IS

He'! quand on veut la paix, Tous les moyens sont bons.

PREMIER BOURGEOIS

La lâcheté vous plaît!

DES VOIX

La voilà, la voilà!

SECOND BOURGEOIS

Quoi ! le peuple Tacclame Maintenant? Écoutez.

PREMIER BOURGEOIS

C'est que la foule est femme Et tourne à tous les vents, et Lore et ses yeux d'or Ont en souffle alizé' changé le vent du nord.

SECOND BOURGEOIS

En effet, plus un cri.

PREMIER BOURGEOIS

L'orgie et le massacre, Tous les ont oubliés devant les chairs de nacre De ce corps adorable et le rose ingénu De ses seins. La beauté, c'est le philtre inconnu, Souverain et vainqueur qui o^irompt tout au monde.

SECOND BOURGEOIS

Le fait est que la gouge est divinement blonde.

PREMIER BOURGEOIS

Aussi fixez-les tous, émeutiers et soldats ! Marchent-ils assez lents et le front assez bas Derrière la captive à la rousse crinière ? On croirait voir mener au juge une sorcière ?

SECOND BOURGEOIS

Une...

PREMIER BOURGEOIS

Coupable au moins. Songez, ils sont dix morts!

Grave est son cas. D'ailleurs, le conseil est dehors ;

(Il montre du doigt le- prévôt des marchands et des magistrats qui viennent de paraître assemblés sur l'escalier de la maison de ville.)

Et tout le grand portail est garni de tentures De deuil.

UN HÉRAUT D'ARMES, (arrivant sur l'escalier)

Le gouverneur.

(Mouvement dans la foule : un vieillard en grand deuil, barbe et cheveux blancs, apparaît sur lescalier, les juges sécartent.)

La cour.

(Les juges se rangent en cercle autour du gouverneur.)

EN.NOÏA 281

UNK FKM.MK DU PKUPLK

Ces créatures!

Il leur faut des prévôts fourrés pour lesju^'er! Le Rhin n'esl-il pas là pour les chiens euragës? A Peau la gou,i5'e, à l'eau !

UNEAUTUK FKMMK DU PEUPLE

Dans ses tresses vermeilles Pourquoi pas l'étrangler, elle avec ses pareilles? Ce serait plus tôt fait. A mort!

LA FOULE

La goui^e à mort!

SECOND BOURGEOIS

L'émeute se rallume. . .

PREMIER BOURGEOIS

Et fermente plus fort.

Llle a contre elle, hélas! les femmes de la ville.

LA FOULE

Jusiice! Qu'on la pende! Au gibet!

PREMIER BOURGEOIS

C'est la vile Et sombre populace ivre des mauvais jours,

LA FOULE

Justice! A mort! A mort!

SECOND BOURGEOIS

Les juges semblent sourds.

PREMIER BOURGEOIS

Et le cortège est loin encore, il ne s'avance

Plus qu a pas lents. On va jouer des fers de lance.

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