UNE VOIX DE FEMME
Non, la geôle aux lépreux, Tin-pace !
Qu'elle ait froid, qu elle ait faim et que sa chair expie !
LORE, se laissant tomber à plat ventre avec un grand cri. Oh!
L'ÉVÊQUE, se penchant sur Lore.
Que veux-tu, pauvre âme à mes pieds accroupie?
LORE, qui l'a entendu, se relève a demi.
Ce que je veux? La mort.
(Rampant à genoux et s'abattant aux pieds de l'Évêque.)
Frappe-moi, j'ai péché.
Le crime de ma vie à tous les yeux caché Eclate au jour, mon œuvre est criminelle, atroce :
(Se tournant vers les fidèles.)
Tous vos fils ont saigné sous mon baiser féroce,
ENNOIA "^OIJ
Mraves gens.
(Avec un grand geslo.)
.l'ai comblé les bières que voici; Frappez-moi, mais, de ^'lâce, emmenez-moi d'ici!
J'dtoufte...
(Marchant sur les genoux.)
Ces pas lents, ces cagoules, ces bières, Ces cierges flamboyants, ces femmes en prières M'épouvantent, j'ai peur... ces cantiques sacrés Me font mal : j'ouvre en vain mes bras désespérés Et veux prier encor; mais non, je suis sorcière, Et suis maudite, hélas!... le ciel et sa lumière M'exaspèrent et j'ai la même horreur de moi Que ce peuple afl'olé, qui me conduit vers toi. Évéque, écoute-moi, sauve la race humaine! Frappe-moi, mais, de grâce, ordonne qu'on m'emmène Le sang me monte aux yeux, j'ai honte de parler...
(L'Évêque reste terrifié et curieux, le buste penché sur Lore). UN DIACRE
Elle entre en agonie.