VOIX D'ANTIGONE
Yanthis !
YANTHIS
Ce baiser... Puis, écoutez ces voix!
Ma nourrice m'appelle, elle vient...
(Repoussant Gamillus.)
Par les bois Fuyez.
GAMILLUS
Que crains-tu donc?
YANTHIS
Que sais-je? tout peut-être!
GAMILLUS
Tout!
YANTHIS 65
YANTHIS
Un immense effroi me glace et me pénètre. Va-t'en, j'ai peur pour toi.
CAMILLUS
Tu m'aimes donc?
YANTIII>^
Va-t'en.
CAMILLUS
Tu m'aimes? re'ponds-moi!
PRLSCA, s'avançanl à demi.
Seigneur, il n'est que temps.
Partons.
CAMILLUS
Tu m'aimes donc?
YANTIIIS
Puisque j'ai peur!
CAMILLUS, la serrant.
Tu m'aimes!
YANTHIS
Il en doutait... Va-t'en, mais aux moments suprêmes Au moins, dis-moi ton nom que je puisse en rêver.
CAMILLUS
Camillus.
PRISCA, s'avancant tout à fait.
Il est temps, seigneur, de s'esquiver.
(Camillus fait un mouvement pour se dégager de l'étreinte de Yanthis.'i
YANTHIS
Camillus, ah ! demeure.
CA^[ILLUS
Au bas de cette porte Je frapperai trois coups demain soir; fais en sorte D'être là.
YANTHIS
J'y serai, mais donne encor ta main.
(Elle s'attache au corps de Camillu>. Camillus la baise avec transport.)
Camillus !
CAMILLUS, fuyant.
Tu reviendras?
CAMILLUS
Demain.
(Camillus et Prisca s'esquivent par la petite porte qu'ils poussent contre le mur. Yanthis reste seule, elle va en chancelant s'asseoir sur le banc.)