TROISIEME ACTE
Même décor qu'à l'acte précédent, mais aspect tout différent; les ombrages de la forêt sont rouilles par l'automne^ les parterres de fleurs dépouillés, le parc à l'abandon, plein d'herbes folles, dés feuilles mortes jonchent la terre. La demeure abandonnée, elle aussi; les volets dos, à l'air mort, la mousse verdit les degrés du perron^ la porte du jardin oscille grande ouverte sur la forêt... le banc est toit jours sous le cèdre, mais le lit et le vélum, les cotissins, tout a disparu... Aspect de tristesse ; on est en novembre; les chèvrefeuilles sont encore en fleurs.
Au lever du rideau, Prisca, même costume qu'à l'acte précédent, mais sale, déteint et déchiré, est assis sur les degrés du perron, une guitare enguirlandée de lierre entre les mains.^ Camillus, en costume de drap et de cuir fauve, drapé dans Un lo7ig manteau brun, une dague au côté, est debout, appuyé à l'embrasure de la porte', il garde le silence et contemple dans une triste rêverie la forêt par où a dû partir Yarilhis. Prisca pince les cordes de sa guitare et chante sur un air fantasque.