SCENE PREMIERE
PRISCA, CAMILLUS, DEUX GARDES, puis UN CAPITAINE
PRISCA
Tout s'arrange à merveille; allons, bel amoureux, Payez au moins de mine. Au pied de ces futaies, Malgré notre air bandit et ravageur de haies, Le myrrhe, nous prenant pour deux musiciens. Nous permet de rester. « Mes amis, je reviens; A-t-il dit; aujourd'hui tout dépend d'un caprice, 11 se peut qu'un refrain joyeux la divertisse. » Nous allons le revoir revenir d'ici peu. Et la reine avec lui... Jouons donc notre jeu
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Serré : nous voulons donc nous faire reconnaître D'Yanthis, en restant inconnus du vieux maître Sorcier; ces soldats qui veillent là dehors, Sont bien un peu gênants, mais...
CAMILLUS, à lui-même.
Tant de vains efforts Perdus, deux cœurs brisés, Tintérêt du royaume Voulait ce crimei.. Était-ce elle ou bien son fantôme, Elle avec ce front blême et ces bras amaigris !
PRISCA
Nous n'avancerons rien avec ces airs marris!
CAMILLUS, éclatant.
De grâce... un ouragan fait rage dans mon âme. Yanthis est mourante, Yanthis est la femme D'un autre, de mon père, et moi, qui l'adorais, Sans la connaître, hélas, c'est elle que j'aurais Épousée et gardée au palais des ancêtres. Sans ma soif d'aventure et de roman...
PRISCA, le tirant par la manche et lui montrant les gardes.
Ces reîtres...
CAMILLUS, continuant.
Celte soif obsédante et folle de tout voir, De tout approfondir jusques au désespoir! 0 trois fois misérable et maudite équipée? Nous cherchons l'inconnu, l'âme préoccupée D'un vain rêve entrevu, d'un spectre suborneur. Nous allons loin, bien loin, pour chasser le bonheur.
YANTHIS loi
Puis quand, las de courir la fort^t et la lande, Nous révenons au gîte oublié faire amende, Triste, abusé, vieilli, que trouvons-nous au seuil? Des prêtres et des clercs entourant un cercueil, Le cercueil du bonheur venu pour nous surprendre Au logis vide, et là, mort, fatigué d'attendre. Car elle est bien perdue, elle est morte, Prisca.
PREMIER GARDE, désignant Prisca.
J'ai certainement vu ce visage déjà.