CONTE EN UN ACTE
Ainsi lipQc tu le veux, Coulepvre aux youx de feiiiiuo? Apprends doin; lu légonde,
La scène représente une vieille salle gothique, au plafond en route, soutenu cfe place en place par des piliers trapus.
Le Conteur ^st assis, les jambes croisées, sur un escabeau, à droite de la scène. Un vieux missel est ouvert sur ses genoux.
LE CONTEUR, lisant.
Tome deux, page vingt, du livre des légendes. Comment, Arthur re'gnant sur les races norii^andes Des bois de Carleonu aux monts de Ppi>-AriTior, Viviane, la fille onduleuse aux crins d'or, Courtisane galloise experte en félonie, Des douze preux d'Arthur ayant été honnie Pour sa langue envieuse et ses viles amours, Se vengea.
Retirée au fond des grands bois sourds Dits de Brocéliande, elle endormit dans Tombre Myrdhinn, le mage errant, le héros doux et sombre, Le bienfaiteur d'Arthur et du peuple breton. Les vieux harpeurs gallois ont conservé son nom.
(Parlant à lui-même.)
Viviane et Myrdhinn, les noms d'une romance Célèbre au gai pays d'Anjou...
Mais je commence :
(Lisant.)
C'e'tait aux siècles d'or éclipsés pour toujours
Des combats fabuleux et des longues amours.
Les blés étaient en fleur et dans Brocéliande
L'iris bleu, ce joyau des sources, la lavande
Et la menthe embaumaient; c'était aux mois bénis,
Où le hallier s'éveille à l'enfance des nids,
Et les pommiers neigeaient dans les bois frais et calmes.
Au pied d'un chêne éuorme, entre les larges palmes
Des fougères d'avril et les touffes de ly^,
Viviane et Myrdhinn étaient dans l'ombre assis.
Le fond du théâtre s'entr'ouvre et disparaît, laissant voir un ravin sauvage et tout en fleurs de la forêt de Brocéliande.
A gauche, au pied d'un chêne énorme et dont les ombrages envahissent la scène, l'enchanteur Myrdhinn est assis^ nu-tête et nu-pieds, titiste et comme affaissé dans une rêverie profonde. Aux -pieds de Myrdhinn et la tête appuyée sur ses genoux^ Viviane est étendue dans une pose suppliante^ des guirlandes de feuillage à. demi tressées retenues dans un pli de sa robe.
Au tronc du chêne, un peu au-dessus de la tête de Myrdhinn, sont suspendus une outre, une épée et un grand casque héraldique en or, ailé d'or rouge et surmonté d'un mufle de tarasque.
Auprès du chêne, immenses touffes de fougères, de bardanes, de glaïeuls, d'iris et de lys jaunes en fleur, végétation féerique et luxuriante... Au fond du ravin qui termine le décor ^ long cordon de pommiers et d'aubépines en fleurs, tout blanc au pied d'un bois de sapins noirs.
Myrdhinn et Viviane gardent tous deux le silence.
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