LE HÉRAUT
A la reine Y'anthis J'accourais par ces bois apporter la nouvelle Quand j'ai su par ces gens...
(H désigne le capitaine des gardes et Prisca.)
Que la reine auprès d'elle
Sur la foi de l'honneur vous gardait prisonnier.
(Saluant très bas Camillus.
La mort du roi régnant vous fait, prince, héritier Du trône et le trépas d'Yanthis vous délivre!
CAMILLUS. tirant sa dague pour s'en frapper. Qu'il me délivre donc!
MYRHUS, arrêtant son bras.
Seigneur, vous devez vivre!
PRISCA; sapprochant °arrùtté de Camillus. Pour me sauver d'abord...
CAMILLUS, aux gardes.
Déliez-moi ce fou !
;0n délivre Prisca.;
LE HÉR.AUT, se tournant vers les gardes. Le prince Camillus est roi.
PRISCA
Chut, le hibou Des désespoirs d'amour s'est posé sur sa tête.
(Il s'approche doucement de Camillus.)
Qu'allez-vous opposer, seigneur, à la tempête Populaire ?
CAMILLUS
L'oubli, je ne veux pas régner.
YANTHIS 125
PRISCA
Soit, et vous laisserez les cœurs aimants saigner
Comme a saigné celui de cette enfant meurtrie,
Les vieillards e'pouser les vierges, l'IUyrie
S'amoindrir et tomber, faute d'un peu d'amour,
Vous, seigneur, que l'amour a sacré dans ce jour?
Régnez, pour e'pargner aux rois d'autres victimes!
( Camillus. d'abord comme inseusible, a fini par écouler, il s'approche lentement du banc où repose le corps d'Yanlhis, prend sa main, et la regardant, très IcQtemeut.)
CAMILLUS
Dit- il vrai, pauvre enfant saignante de leurs crimes, Lys éclos dans l'orage et que ces temps maudits Ont brisé. Heur de gri\ce ouverte en Paradis, Kst-il vrai que ta voix adorée et plaintive M'implore au nom d'Éros et qu'il faut que je vive? Soit, je régnerai donc, mais plus tard, quelque jour, En souvenir de toi, pour l'Amour de l'Amour!