‹ ThéâtreChapitre 38 sur 116 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Un charnier dans une lande de bruyères^ une file de gibets se dresse de gauche à droite Jusqu'au fond de la scène, c'est comme une allée de potences qui va en diminuant vers l'horizon, des formes noires se balancent accrochées à ceux du lointain, les bois de justice du premier plan n'ont pas de pendus ; ils dominent tous les bruyères défleuries, montés chacun sur un cube de pierre d'au moins deux mètres de haut.

Au lever du rideau deux mendiantes, deux vieilles femmes guenilleuses et sordides sont accroupies au pied d'un des gibets^ elles ont devant elles chacune une besace dont elles soupèsent et énumèrent le contenu; le ciel est rouge à l'horizon, c'est le crépuscule.

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