SCÈNES IV
MYRDHINN
MYRDHINN
Douce et perfide dame, adorable ennemie,
Ces lys en sont te'moins, je voulais t'e'pargner
Mais ton sauvage orgueil n'a pu se résigner
Et j'ai dût'endormir, ô dame périlleuse !
Le breuvage a fermé ta bouclie astucieuse
Et le charme endormeur aux souples rythmes d'or,
Le charme que ta bouche en rêve implore encor,
Va t'enclore à jamais invisible et vivante
Dans le cercle mouvant de sa danse savante.
0 doigts le'gers et frais, qui frôliez mes genoux,
Bras errants, lents baisers, et vous, longs cheveux roux
Qui méditiez ma perte, un léger sortilège
De Myrdhinn vous déjoue, et les cheveux de neige
Et la barbe d'argent ont pris les cheveux d'or.
Ni corbeau croassant, ni fanfare de cor,
Quand j'aurai prononcé les trois phrases jnagiques,
Ne pourront réveiller tes beaux yeux léthargiques
Et tu vas dans la ronce et les lys à jamais
T'engloutir invisible... et pourtant je t'aimais.
(La musique cesse, il lui croise les bras sur sa robe, la baise sur les yeux, puis posant sa tête dans les fleurs.)
Cette tête adorable, ardente et douloureuse,
Je l'ai pourtant aimée.
(Il referme autour d'elle les lys et les fougères, puis les ouvrant encore une fois, envoie "un dernier baiser à Viviane.)
Adieu, pâle amoureuse, Adieu !
Les fougères se referment dérobant Viviane 9,ux regards, }^ lujie a 4jsparu derrière les "pins. — D'une voix lente et élevant ses aeux bras au-dessus de sa tète ;}
BROCf:UANDK 27
Toi, maintenant, toi, dont le charme endort,
Danse fe'e, ouvre-toi sous mes pas, cercle d'or.
(Il loui'iie Icnleinont eu lournant sur lui-même autour de la touffe de fleurs (»ù repose Viviane. — Trois cercles très lents, accomiia{,'nés de ^'esles très lenls; au troisième cercle, la loufte de fleurs est lumineuse.)