‹ ThéâtreChapitre 102 sur 156 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ELLE

ELLE

Comment? il se barricade ? Un tour, deux tours de clé ! Crac ! Crac ! — Et le verrou ! Le verrou ! — par

dessus le marché ! — Un mari ! Cest odieux, slupéfiant ! Et tu mériterais... ! Vous mériteriez... ! Monsieur... !

Ayant ironiquement menacé de la main et du bout du doigt, son manteau entr' ouvert, elle tire de son corsage une petite lettre qu'elle brandit.

Eh bien ! oui, on m'a remis un billet, et le voici. Tu fais le jaloux et tu me laisses seule. Prends garde ! — La voilà, cette lettre et, après tout, je n'ai qu'à déchirer l'enveloppe pour la lire. La lire ! (Un instant immobile et pensive.) C'est mal, ce que je fais là! Du bruit? Il se repent et vient m'ouvrir? Non. Plus rien. Rien, rien, rien ! Egoïste, va !

La pendule sonne. Comptant.

Un — deux — trois — quatre — cinq. — Cinq heures, déjà ?

Déjà cinq heures. Comme il est tard... et de bonne heure. Pas étonnant que je sois si fatiguée !

Mes yeux me picotent... et, malgré moi, se ferment. Je tombe de sommeil.

Elle s'assied.

Tiens, cette lettre... Je n'y songeais plus. Tout de même, entre nous, je grille de savoir ce qu'il y a là dedans... Si..., si je... décachetais!

Elle en fait le simidacre.

Non, ce n'est pas bien. Je ne dois pas.

Colère, indiquant la gauche.

Mais il me soupçonne, moi ! Et me laisse là, toute seule ! Ce n'est pas la peine d'être sa femme, s'il n'est pas mon mari.

J'ai le frisson. Chaufïons-nous.

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