SCENE DEUXIEME
De tous côtés, devant, à gauche, à droite, derrière, partout, ce ne sont que sonpii-anfs et ([u'asiMi-auts !
Madame...
Madame...
Madame...
Et mon carnet saisi, infatigable, j'inscris, j'inscris, j'inscris !...
Mon carnet est tout noir. Tenez.
— Personne n'en veut plus ! En place, repos !
C'est d'abord, un très vieux monsieur, monsieur
vieux à en être sénateur! Très décoré, il est chauve comme la main, comme un genou, comme l'inspiration d'un délitiuescent ! Et les pauvres jambes ne sont rien moins que vaillantes, courbées sous le poids d'un dos courbé lui même, l'ii vieux chêne qui tourne au rabougri !
Entin !
Et, tant bien que mal, non, tant mal que bien, la contredanse va, cahotante, trébuchante, jusqu'à l'instant où, essoufflé de tout le poids phj'sique de ses printemps envolés, ce lourd papillon m'écrase l'orteil.
— A'ie !
— Mon Dieu, Madame...
— Ce n'est rien.
— Mais si, mais si ! Quel maladroit, et combien d'excuses ! Je vous ai fait mal...
— Au contraire...
Reconduite.
Remettons nous dune alarme si lourde.
Mais non. Mon Deuxième s'avance. Si grand, celui là, qu'à le voir, colonnesquc, je me sens fière d'être française.
Ce doit être quelque poète rêveur ou quelque sot — ça se ressemble, au fond — car il semble nager dans la danse, la main sur le cœur, les yeux au ciel et poussant des soupirs à émouvoir. . . une autre que moi !
C'est fini. Tant mieux.
En me reconduisant, celui-là m'offre une rose... que je laisse glisser par terre dès qu'il a pris son vol.
Mais un homme s'avance, le front haut, l'œil ardent, martial et souriant en sa force.
C'est un officier, mon Troisième.
Celui-là, à la bonne heure !
Je lui prends le bras et il m'emmène ou, pour être exacte et véridique, il m'entraîne !
Quelles moustaches ! Elles me frôlent le visage.
Je frissonne.
C'est décidément beau, un capitaine ! Oh ! la gloire !
Aussi, cette valse endiablée, frénétique, vertigineuse !... Jamais valse ne m'avait paru plus valse !
La valspurgis, quoi !
Mais quoi ! Voilà-t-il pas qu'à un instant où nous reprenions la mesure, ce fils de Mars se permet, ose...
Oh ! Rien, rassurez-vous.
Rien, que quelques mots entrecoupés, mais qu'il suffît à une femme de ne pas entendre pour les comprendre..., comme si elle les savait par cœur !
« Jolie... charmante... adorable... Mon cœur! »
Enfin, des onomatopées définies !...
— Monsieur!...
Pas de réponse !
Il me réentraîne dans le tourbillon, jusqu'à ce que, me voyant à bout de souffle, il me mène à ma chaise... où je m'écroule comme un château de cartes...
Mais il reste là, continuant de vouloir se faire