‹ ThéâtreChapitre 108 sur 156 · ONOMIME E> UN ACTE A TROIS PERSONNAGES DONT DEUX INVISIBLES · texte numérisé non relu

ONOMIME E> UN ACTE A TROIS PERSONNAGES DONT DEUX INVISIBLES

AVEC BERTRAND MILLANVOYE MUSIQUE d'aDOLPHE DAVID

PERSONNAGES

LISETTE M™e Marianne Chassaing

MONSIEUR, personnage

invisible M. Edmond Wesel

MADAME, personnage

invisible M™*^ Yvonne Wesel

Représenté pour la première fois au Cercle funambulesque le 28 Novembre 1893

La scène se passe dans un salon luxueusement meublé. — Cheminée sans glace. — Au premier plan, à droite et à gauche, portes, — Au fond, une porte s'ouvrant sur l'antichambre. — Au deuxième plan à droite, une fenêtre.

Le temps étant à l'orage, le marquis et la marquise de Jioselys, qui ont les nerfs à fleur de peau, se sont pris de querelle. Ils viennent de rentrer, très animés l'un contre l'autre, dans leurs chambres respectires.

Au lever du rideau, la scène est vide, les portes latérales sont entr' ouvertes. Un roulement de tonnerre se fait entendre.

Lisette, la camériste de céans, apparaît au fond. Elle entre et s'arrête un instant. I*uis, elle se dirige à droite, vers la chambre de Monsioir. A ce moment, Monsieur tire violemment sa porte.

Mcme manège à gauche, Madame s'enferme non moins hrusfjuemoit.

Oh! oli ! fait Lisette, en arrondissant la bouche. Il y a (le l;i l)niuiil(,' dans le inénag'e.

Et elle indique alternativement les deux portes :

Ils sont comme chien et chat, ajouta-t-elle, en levant

les mains, en ployant les doigts et en les agitant dans le simulacre de griffer.

Désignant ensuite la chambre du marquis, elle exprime que son maître est un très bel homme, d'une superbe prestance, qu'il porte de fines moustaches et a le menton agrémenté d'une coquette barbiche.

Continuant la description du personnage, elle fait mine de tirer des manchettes, de mettre des gants, de les boutonner, de passer le pouce dans l' entournure de son gilet. Puis, arpentant le théâtre d'un air crâne, en feignant de fumer un cigare, elle termine par un claquement de doigts qui signifie : a C'est un homme très chic!... ))

Elle esquisse ensuite le portrait de Madûme.

Madame a une robe à traîne. Elle est grande, élancée. Sa taille tiendrait dans mes deux mains. Elle a de beaux yeux, bien fendus, une bouche toute mignonne, pas plus grande que le petit bout de mon doigt. Enfin, elle est jolie à croquer.

Monsieur et Madame sont mariés.,., mariés poul de bon. Mais déjà à couteaux tirés! exprime-t-elle, en opposant horizontalement et à plusieurs reprises ses deux index.

Elle indique la porte de Madame et prend un air d( commisération.

Pauvre Madame !

Elle se tourne aussitôt du côté de Monsieur :

Hou! le vilain!... Oui, oui, c'est un vilain, répète t-elle, au public.

Elle montre un écran qu'elle est allée chercher sur l cheminée et sur lequel est peint un papillon.

Voilà ce que c'est que mou maître.

Elle imite le volage marquis, courant de la brune à la hloude, de celle-ci à celle-là, de celle-là au.r autres, offrant à chacune son bras et son cœur, distribuant des baisei'S à totttes.

' Enfin, conclut-elle, eu écartant les bras et en les laissant retomber avec désespoir, c'est désolant!... Nimporte où..., la première venue !... 11 s'est adressé, même à moi!...

VÀle simule les entreprises galantes dont elle a été l'objet. Il a essayé de lui prendre la taille, de lui caresser le menton. Elle s'est défendue de son mieux, en le repoussant, en lui tapant sur les mains.

Elle marche à reculons, comme pour échapper aux poursuites du séducteur.

11 perd son temps avec moi, fait elle en haussant les épaules. Je suis une honnête fille. C'est un mari que je veux. Quant à Monsieur, il n'aura pas ça de moi, ajoute-t-elle, en faisant claquer entre ses dents l'ongle de son pouce.

Puis, avec une malicieuse et souriante gaminerie, elle passe vivement son doigt sons son nez, en clignant de l'œil du côté de la chambre de son maître.

Mais c'est assez bavardé; il faut travailler.

Elle prend un plumeau et se met en devoir d'épousseter les meubles.

Soudain, un hruit se fait entendre chez la marquise. Lisette prête l'oreille :

Je ne m'étais pas trompée. C'est Madame (pii pleure.

Elle imite les sanglots de sa maîtresse et les grosses

larmes qui doivent corder sur ses joues. Du bout des doigts, elle se tamponne les yeux.

Très émue, elle se décide pow^tant à continuer d' épousseter, mais elle est si peu à ce qu'elle fait, qu'elle donne des coups de plumeau dans le vide. Elle ne s'aperçoit de j sa distraction qu'au moment où elle époussette une rose placée sur le cheminée. Elle prend la rose et fait mine de la piquer dans ses cheveux, en exprimant que Madame, devait s'en parer pour le bal.

Quant au gardénia, destiné ci l'habit de Monsieur, elle le flaire et le rejette vivement, comme s'il exhalait une odeur désagréable.

Oh ! le méchant ! fait-elle en lançant un regard de reproche vers la chambre du marquis.

Elle apporte la table sur le devant de la scène.

A cet instant, retentit un bruit de tonnerre. Lisette, apeurée, se recule et se bouche les oreilles. Elle se précipite vers la fenêtre, pour en tirer les rideaux.

Un éclair sillomie le ciel.

Elle s'arrête épouvantée.

Elle le décrit, en dessinant avec l'index un double Z. Elle met la main devant ses yeux, encore tout éblouis, fait discrètement le signe de la croix, puis s' adressant au public, toute tremblante :

Avez-vous vu? interroge-t-elle.

Un peu remise de sa frayeur, elle se résout à all^ fermer les rideaux de la fenêtre.

Coup de sonnette chez le marquis.

La soubrette se dirige vers la porte de droite, quand' se fait entendre un autre coup de sonnette. viai'< plus fort que le premier.

Va-et-vient sur la scène. Lisette ne sait de quel côté se er.

Monsieur est impatient, mais Madame a ses nerfs... C'est l'orage qui veut cela.

liruit de sonnette des deux côtés.

Lisette lève les bras d'un air agacé et frappe du pied.

Le bruit s'accentue dans la chambre de Monsieur. On entend le choc d'un objet jeté par terre.

Lisette se décide à entrer chez son maître. Elle entrebâille la porte, reçoit une avalanche de reproches et se baisse pour ramasser la statuette de la Vé7ius de Milo, que Monsieur, dans sa colère, vient de briser.

Elle gagne tristement le devant de la scène, (ena)it la Vénus entre ses bras, et la dépose sur la table.

Elle la contemple un instant, puis, elle en fait la description :

Déjà. la déesse navait pas de bras !

Elle fait le geste de se couper les deux bras, puis joignant les mains derrière son dos, elle agite les coudes, de façon à figurer deux moignons.

Elle montre la statuette.

\'(''iius ("tait ainsi.

Lisette fait mine de se couper la jambe, à mi-cuisse :

Pauvre Vénus ! elle na plus qu'une jambe maintenant.

Elle se met à marcher en contrefaisant une boiteuse, puis éclate de rire.

Coup de tonnerre, suivi d'un coup de sonnette chez la marquise.

(hi entend du bruit.

On casse aussi là, fait la camériste.

Elle frappe.

La parle s'entrebâille.

On donne l'ordre à Lisette de ramasser un objet tombe.

Bien, Madame.

Elle obéit, puis sort de la chambre portant le buste d'Apollon. Elle le pose sur la table, et fait remarquer au public qu'il est endommagé en diters endroits.

Le visage a principalement souffert : il lui manque son ornement essentiel.

Le nez du superbe dieu, un nez grec, hautain et fier, s'est fracassé dans la chute.

Désespérée, Lisette tient à la 7nain le noble débris.

Pauvre Apollon!... Le voici camard!... Lui, si beau !... Il est bien laid ainsi !... Que faire !... Peut-être pourra-t-elle, par un baljile recollement, lui restituer son appendice nasal.

L'idée lui semble drôle... Elle rit, mouille avec son doigt le fragment de nez, et après quelques tâtonnements, réussit à le remettre en place. Mais elle a pris le nez à rebours et l'a recollé en l'air. Ça fait un drôle d'effet.

Elle se recule pour admirer son œuvre, et les deux mains sur la hanche, n'en pouvant plus de rire :

Il est bien, maintenant, fait-elle. Il a un nez, et un nez retroussé, comme le mien, s'il vous plaît..., un nez charmant !... Coquin d'Apollon, va !...

Elle s'incline devant la statuette, ploie le genou, joint les mains, et tandis que le piano joue : « Laisse-moi contempler ton visage » elle adresse au buste une déclaration comique.

Elle se relève presque aussitôt et, se tenant les côtes.

s'épanouit de joie sur la bonne farce qu'elle vient de faire.

Elle prend ensuite la W'-uus et l'Apollon et va les poser tous deux sur la cheminée.

Coup de sonnette chez Monsieur.

Lisette tape du pied arec colère, lève les bras au ciel -et, ayant l'air de tirer un cordon de sonnette, donne des signes de violent agacement.

Elle frappe à la porte du marquis.

La porte s'entrebâille.

IJsette prend des mains de son maître une épingle de cravate et des boutons de manchettes et reçoit l'ordre de reporter à Madame ces présents anxiiuels on ne tient plus.

Elle refuse de se cliarger de la commission.

Monsieur insistant :

Vous l'ordonnez, fait-cllc, j'obéis.

Elle vient sur le devant de la scène.

Oli ! le méchant ! cxprime-t-ello, en montrant le poin^' à la chambre de Monsieur avec nwe petite mine fàclu'e.

Puis, elle traverse la scène et frappe chez la marquise.

Elle remet les bijoux à celle-ci, en indiquant que c'est de la part de Monsieur.

Madame prend les objets et ne referme pas la porte.

Lisette s'éloigne en exprimant que sa maîtresse est fort en colère. .1 peine a-t-elle fait quelques pas, qu'elle est rappelée par Madame :

Tenez, la réponse!... Ceci, à Monsiciu'.... la monnaie de sa pièce.

La soubrette revient, tenant un écrin et une photographie.

Elle paraît très heureuse.

Elle frappe chez Monsieur, se compose un visage et une attitude de circonstance, pour lui restituer de la part de Madame, ces souvenirs dont on veut se détacher.

La porte se referme brusquement.

Monsieur rage !

Et Lisette fait le geste de bisquer.

Ding ! di)ig .'... C'est le marquis qui sonne de nouveau.

Encore !... Est-ce agaçant !

Elle frappe. Son maître, dont le bras seul parmi, lui remet une bague.

— Comment! votre anneau de mariage?...

— Oui.

— Ah ! c'est trop fort.

— Allez le reporter à Madame.

— Oh! Monsieur! je ne puis me charger de cela. C'est une mission odieuse ; c"est une injure à Madame.

— Allez ! je le veux.

Lisette, avec tristesse, va jusqu'à la chambre de sa maîtresse, regarde avec colère la porte de Monsieur, se ravise, vient sur le devant de la scène, montre au pniblic l'alliance, puis joint les deux mains et les sépare violemment pour indiquer une rupture. Elle fait mine ensuite^ de couper perpendiculairement l'anneau en deux, pour exprimer que l'union sera définitivement brisée.

Elle doit cependant obéir à son maître. Elle se dirige t vers la chambre de Madame, mais prenant un soudain] parti, elle fait un geste de dénégation et revient sur ses pas.

Jamais je ne remettrai cet anneau.

Elle le pose sur la table.

A ce moment, coup de sonnette chez la marquise.

Elle va immédiatement à la porte.

Une main invisible lui tend un objet.

Lisette hoche tristement la tète et parait protester.

Madame insiste :

Pour Monsieur !

La camériste revient en scène, tenant à la main un bouquet de fleurs d'oranfjer ; elle le regarde mélancoliquement, et semble dire :

Mais, c'est impossible à rendre!... Ces lleurs symboliques expriment les joies d'une heure envolée sans retour.

Elle pose le bouquet pri'S de l'anneau sur la table et évoque rapidement les tendres souvenirs qu'ils éveillent.

liruit de tonnerre prolongé.

Lisette se cache la tète entre les mains.

Coup de sonnette à droite : c'est Monsieur qui demande le thé.

Coup de sonnette à gauche : même ordre de la part de Madame.

Lisette, après être allée au.r deu.r portes, revient sur le devant de la scène.

Ils veulent être servis séparément, chacun dans sa chambre.

Elle apporte un plateau sur lequel le thé est tout préparé, allume le réchaud et place dessus la bouillotte.

Cela fait, elle se laisse tomber sur un fauteuil, à bout de forces et énervée de toutes ces allées et venues. Elle s'évente avec une serviette.

Coup de timbre à la porte du fond.

Signes d'agacement de la camériste.

Comment ! on sonne aussi de ce côté ? Elle se croise les hras.

Non, je n"irai pas.

Nouveau coup de timbre.

Décidément, il faut y aller.

Lisette se Ihe lentement et gagne, en rechignant, la porte du fond.

Elle ouvre, écoute ce qu'on lui dit, parait d'abord ne pas comprendre, puis, tendant la main, reçoit une lettre.

Bien ! fait-elle, attendez la réponse.

Elle revient sur le devant de la scène, tourne la lettre entre ses doigts, la retourne dans tous les sens, l'approche de son nez.

Quelle odeur!... Pouah! du musc!... Une lettre de femme sûrement.

Elle lit la suscription.

C'est pour Monsieur, fait-elle, en étendant le bras dans la direction de la chambre de droite.

Elle fait le simulacre de la décacheter avec le doigt. Pas moyen !

Elle s'efforce alors de lire à travers l'enveloppe. Impossible ! exprime-t-elle avec dépit.

Elle se dispose à aller porter le billet doux à son maître, quand soudain une idée lui vient. Elle se frappe le front et semble dire au public : Vous allez voir.

Toutefois, avant de mettre à exécution son projet, elle juge prudent de pousser le verrou de chaque porte. Ceci fait, certaine de ne pouvoir être surprise, elle s'approche de la table, soulève le couvercle de la bouillote : l'eau est sur le point de bouillir. Lisette place la lettre

atl-dessus. Sous l'influence de la vapeur, 'la gomme de l'eureloiipe dei-ient très rite humide. Il n'y a plus pour ourrir l'enveloppe qu'à passer déUcatemenl entre ses plis la pointe d'un couteau.

Cette opération terminée, lÀsette retire la lettre et s'empresse de la lire.

Son visage reflète d'abord l'étonnement, puis elle hausse les épaules et, araiit d'achei-er la lecture, cherche la signature.

Voyous ce post scriptiim. Elle demande' de largeiit... Naturellement. Jeu étais sûre!

Lisette fait (juehjues pas vers la droite, puis, regardant la cliambre de son maître, brandit triomphalement la lettre.

C'est de la prose de danseuse, exprime-t-elle, en esquissant un pas... Fi! Monsieur! que c'est mal de tromper Madame.

S'adressant au public :

Vous vous imaginez sans doute que cette l)allorine est jolie î... Pas du tout!... Elle est maigre comme un fil ; elle a les joues creuses, la bouche fendue en coup de sabre, des yeux bigles dont l'un darde le plafond et l'autre le parquet ; des dents comme des touches de piant)..., et des pieds à pouvoir dormir debout, longs comme la moitié de mon bras.

Elle serre la lettre dans son tablier.

Elle manque de beauté, mais elle a un talent !... Tenez, jugez-en :

Pour imiter la danseuse, clic fait des pointes, des grâces, des pirouettes, se renverse en arrière et à la fin

du pas, salue le public, d'une façon maniérée, avec le sourire classique de ces demoiselles de l'Opéra.

Puis, elle se dirige rers la chambre de droite et. brandissant la lettre, indique qu'elle va jouer uu bon tour à son maître.

Monsieur viendra tout à l'henre ici se jeter aux genoux de Madame et lui demander humblement pardon.

Elle interroge le public :

Hein ?

Avec un clignement d'œil significatif, elle ajoute :

Vous ne me croyez pas !... il viendra ici, je vous l'affirme.

Elle prend l'anneau sur la table ; elle la à la porte de droite, tire doucement le verrou, puis frappe. La porte s'entrebâille.

Reprenez cet anneau, Monsieur... Non ?... vous ne voulez pas ?... Regardez bien ceci.

Et elle montre la lettre d'un air de menace.

Le marquis semble vouloir s'en emparer.

Pas si bote de vous la donner.

Elle cache vivement la lettre derrière son dos et opère, par précaution, un petit mouvement de retraite.

Ainsi, vous refusez de reprendre votre alliance et de vous réconcilier avec Madame?... C'est bien entendu... Une fois?... deux fois?... trois fois? Pas de regrets ?... Soit ! je vais porter à Madame ce poulet parfumé...

Le marquis la prie de n'en rien faire et la rappelle.

Ah! ah ! vous consentez !... C'est heureux!... Vous reconnaissez vos torts ?

Oui, oui !

Allons, c'est bien.

Indiquant le parquet arec iinde.v :

Il sera ici dans un instant, fait Lisette au public.

I-Ule se dirige ensuite vers la chambre de la marquise, enihe le verrou et frappe à la porte qui aussitôt s'entr' ouvre.

Elle présente le bouquet de fleurs d'oranger.

De la part do .Monsieur, avec un baiser !

Madame accepte le bouquet.

La soubrette revient dire au public :

Enfin, ça y est ! Madame va se faire belle pour venir ici.

Lisette fait mine d'arranger ses cheveux arec coquetterie.

Monsieur aussi va se mettre en frais de toilette.

Llle semble rectifier sur elle un nœud de cravate et ajuster u)t frac^

Puis elle prend (leu.r chaises et en place une à chaque bout de la table.

Ici, Madame.

Kt elle m,et la rose à côté de sa tasse.

Là, Monsieur !

nie pose sur la soucoupe le gardénia.

Ceci fait, elle va à la fenêtre, tire les rideaux, ouvre la croisée et regarde dehors en formant avec la main %u-ilessus de ses yeux une sorte d'abat-jour.

Le ciel est superbe, le temps est admirable !

220 L'ORAGE j

Elle écoute :

L'orage est apaisé !

Et elle décrit un cercle pour figurer la lune et indi/jucr quelle brille dans son plein, puis elle pique des étoiles^ dans l'azur. m

Tout est calme dans le ciel mniiitcnniil ; tout esl calme aussi dans la maison.

Elle tire la lettre de son corsage.

Cette lettre est devenue inutile.

Elle la déchire et en jette les morceaux par la fenêtre Puis, désignant de l'œil et alternativement les deuùn chambres, elle fait le simulacre de deux mains qu s'étreignent et y dépose deux baisers, en ayant l'air di dire :

Ici, on s'embrassera tout à l'heure !

Elle met un doigt sur sa bouche, comme pour témoigneft de sa discrétion et gagne à reculons la porte du fond.

Les deux portes latérales s'oucrent lentement pendan que tombe le rideau.

RIDEAU

FANTAISII-: JAPONAISK MIMKF. ET MKLÉE DE DANSES

Page 1