‹ ThéâtreChapitre 124 sur 156 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Le capitaine prévient ses hommes qu'ils hiwuaqneront sur la place et qu'ils aient à se qarder avec vigilance, car, d'un moment à l'autre, l'ennemi peut revenir les surprendre.

Les feu.r sont allumés.

Les soldats s apprêtent à faire bouillir la soupe.

Quelques-uns épluchent des légumes, d'autres coupent du pain, d'autres enfui fendent du bois.

On apporte les gamelles.

Tout à coup sort d'une maison une vieille femme, madame de Ver ville, faisant des gestes désespérés.

Apercevant l'officier, elle va droit à lui.

On m'a volée, Aloiisieui'. J'avais des liijoux, des souvenirs, de l'or. On m"a tout pris. Vous êtes des bandits. 11 ne me reste plus que la vie, prenez-la.

L'officier la calme et défend sa compagnie.

Nous sommes d'honnêtes gens, incapables de l'action dont vous nous accusez. Ce sont vos amis qui en se sauvant vous ont tout pris. Parmi mes hommes, il n'y a pas un seul voleur, j'en réponds.

La vieille persiste à penser le contraire.

L'officier continue à protester.

Je vais vous en fournir les preuves.

// appelle ses soldats.

N'cnez ici, mes braves. Madame vous accuse de lui avoir pris un trésor. Je sais que cela est impossible. Je le lui ai affirmé. Elle ne me croit pas. Nous allons la convaincre sur-le-champ qu'elle vous calomnie odieusement.

Puis il ajoute :

Mettez vous sur un ranjr. et sac à terre, Madame cherchera elle-même.

Les ordres du capitaine sont exécutés.

Les soldats placent leurs sacs devant eux et attendent.

Madame de Verville hésite.

Vous l'avez voulu, Madame, il n'est plus temps de reculer, vous avez insulté mes soldats, vous en subirez toutes les conséquences. Autrement, des excuses, et retirez-vous au plus vite.

Après de nouvelles tergiversations, la vieille se baisse, déboucle le sac qui est devant elle et le fouille.

Elle en tire un mouchoir enveloppant un peigne ébréché qu'elle remet en place avec dégoût.

Les soldats rient et la raillent.

Même manège pour le second sac.

Elle sort d'un fragment de journal une vieille pipe culottée.

Le soldat, furieux, la lui prend des mains et la lui place sous le nez.

Est-ce cela que vous cherchez, Madame ?

Mauvaise humeur de la vieille, qui n'en continue pas moins avec rage ses investigations.

C'est ainsi qu'elle rencontre successivement des objets qui provoquent un nouvel accès de gaieté chez les soldats.

Je ne trouverai rien, dit-elle avec dépit.

Elle va abandonner la partie, mais le capitaine lui enjoint de continuer.

Madame de Verville résiste.

Elle parait maintenant regretter sa plainte.

Cependant, elle se penche désespérée vers le sac de Vincent et, bientôt, en tire triomphante une écharpe de soie qu'elle déplie lentement.

Cela, c'est bien à moi, dit-elle sèchement au capitaine.

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