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ACTE DEUXIEME

Tjirette la immédiatement à Narcisse, en train d'offrir une pipeà iinsoldat, et,joijeuse, lui frappant sur l'épaule, elle lui désigne du regard Vincent.

Au même moment, retentit une sonnerie de clairon.

C'est un nouvel appel aux ai'mes!

Le capitaine tire son épée et commande à sa troupe de se former sur deux rangs ; puis, se plaçant à sa tète et faisant le signe d'En avant, il enlève ses hommes au pas de gymnastique.

Diarcisse et Lucette sont stupéfaits.

Lucette se précipite sur les pas des soldats.

Narcisse veut l'arrêter en lui montrant son imprudence.

On va sans doute se battre de nouveau.

/:/( effet, des coups de feu retentissent.

Vous le voyez, l'action est déjà engagée,

Que m'importe.

NARCISSE

Vous risquerez inutilement votre vie.

LLCETTE

Je veux y aller quand même. Si vous avez peur, restez ici : J'irai seule.

Narcisse s'efforce encore de la retenir. La résolution de Lucette est irrévocable.

NARCISSE

• Alors, je ne vous laisserai pas vous exposer ainsi, je vous accompagne, mais quelle folie !

LUCETTE, lui serrant la main.

Vous m'aimez bien, dit-elle.

NARCISSE, posant les mains sur son cœur et soupirant. Hélas ! vous ne m'aimez pas, vous !

Ils sortent.

Landry montre aussitôt sa tête à l'entrée d'une habitation. Il interroge avec prudence les alentours.

N'apercevant personne, il se décide à franchir le seuil de la maison.

Il a son fusil en bandoulière et tient dans ses mains une musette pleine.

Il vient sur le devant de la scène, ouvre le petit sac de toile, en sort des montres, des bijoux de femme, de l'argenterie, et un bas rempli d'or qu'il fait sonner joyeusement.

Tout à coup, comme s'il entendait des pas derrière lui, il tourne la tête brusquement, tout en cherchant à dissimuler son larcin.

C'est une fausse alerte.

Son visage se rassérène. Il exprime que sa part de ■prise est belle. Il a pillé tout ce qu'il a pu dans la maison d'une vieille avare.

C'est bien fait. Elle n'en profitait pas. Je saurai m'en servir. Après tout, c'est la guerre...

Inquiet, cependant, il s'enquiert d'une cachette pour mettre son butin à l'abri.

Il aperçoit la madone, passe la main derrière la statuette.

C'est un excellent endroit, dit-il.

A peine a-t-il caché son larcin que les soldats rentrent.

Landry s'efface, se dissimule près de la madone, et lorsque ses camarades sont tous en scène, il revient parmi eux et les aide à la formation des faisceaux.

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