‹ ThéâtreChapitre 13 sur 156 · SCENE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCENE DEUXIEME

// boit et chante.

Quand je mnrche, la terre tremble ; C'est moi qui eouduis le soleil !

Parlé.

Ma bourse est vide, mais ma bouteille est pleine, on me fait crédit et l'on m'aime gratis. Si je m'écoutais, je boirais constamment et jaimerais sans cesse... Mais je suis un sage... Je bois pour ne pas trop aimer, et j'aime pour ne pas trop boire... (Regardant sa bouteille.) Le vin est un sttleil qui réchauffe le cœur et éclaire l'esprit. Et l'amour, donc! (( Ah! mon petit Polichinelle, me disait tantôt Colombine, je n'aime et n'aimerai jamais que toi ! » En ai-je assez fait des malheureuses! (Se reproiant.) dos malheurcusca?... à la lin, parce qu'au commencement !... Eh bien! polisson de Polichinelle! veux-tu que je te dise la vérité? Tu es irrésistible ! Tu as tout pour toi.... jusqu'à deux bosses... Les plus favorisés n'en ont qu'une, mais moi...

Musique. — // chante.

Dès le berceau, j'avais les bosses (jue voilà. Oh ! dit ma mère!

Oh ! lit mon père !

Par l'eufer, i)ar la nntrt. d'où peut venir cela? Vite un savant qui nous l'expliipie !

Le savant vint bienl(')t et dit :

« Voici mon arrêt sans répli(|ue, Et la chose fera du bi'uit, Car pour les heures de liesse, L'enfant possède dès ce jour La noble bosse de l'ivresse Avec la bosse de l'amour ! »

D'après cela suis-je coupable ?

Ai-je donc trop bu, trop aimé ?

Ma foi, j'en fais juge le Diable,

Qui je crois s'en est môle.

La vie est belle, Polichinelle (bis)

Brave la Mort, Polichinelle (bis)

Est le plus fort.

Parlé.

Le jour tombe, il s'agit de rentrer décemment et de souper copieusement. (Regardant à gauche.) Tiens, la maison n'est plus à sa place. Est-ce qu'on la démolie, par hasard ? Qu'on m'indemnise alors ! Elle était à droite... On l'a changée. Elle est à gauche maintenant! Bon... ça tourne. Non, on Ta déplacée seulement, (liegardant à sa droite.) Ah! la voilà!... (Saluant.) Bonjour, ma maison ; il me faut une clé pour y rentrer... La clé, où ai-je mis la clé ?... (Il cherche à mettre la clé dafis la serrure.) Il me faut trouver la serrure... (La Mort rentre et suit les mouxements de Polichinelle.) Enfin ! je vais donc pouvoir souper!

// chante.

La vie est belle.

Polichinelle Brave la Mort !

La Mort, qui guettait Polichinelle, lui frappe doucement sur l'épaule, pose sa faux sous la to)ineUe.

POLICHINKLLE

Qui va là ?

Page 1