PAS DE SÉDUCTION
dansé alternativement par les trois villageoises
Deux des danseuses essaient, à tour de rôle, de s'emparer de la pomme que Biaise tient toujours dans sa main sans se décider à l'offrir à celle dont il doit faire choix. Vainement cherchent-elles à le séduii'e par des pas lascifs et voluptueux. A chaque tentative qu'elles font toutes deux pour lui prendre la pomme, brusquement il retire
le bras qu'il replie derrière lui arec un geste de résistance et de refus accentué. Il garde son cœur et ne neut pas encore se laisser subjuguer.
Isabelle entre à son tour en lice. Elle danse seule. Sa légèreté, sa grâce, sa folle gaieté, son exubérante jeunesse plaident si éloquemment la cause de l'amour, que Biaise, qui n'a pu rester insensible à tant de charmes, finit par s'avouer raincu.
Il offre la pomme à Isabelle et tous deux dansent ensemble un pas vertigineux.
Epuisé de fatigue, Biaise tombe sur un banc et se voit bientôt entouré par les jalouses compagnes de la triomphante Isabelle.
Toutes, elles le sollicitent à qui mieux mieux, l'accablant de minauderies, de douces caresses et de tendres reproches. Elles sont belles elles aussi. Pourquoi les dédaigner?
Biaise se lève, va vers le petit pommier, qui se trouve près du bosquet, et détache quelques pommes d'api qu'il leur offre en guise de consolation.
Reprise de la danse.