PAS DES FLEURS
dansé par les légères paysannes, que conduit leur reine Isabelle. Celle-ci se distingue par sa grâce exquise.
Dans une variation, elles reviennent toutes vers leurs
amants, en train de boire, et s'efforcent de les entraîner vers la charmille.
Peine perdue !
Pour échapper à l' insistance dont ils sont l'objet, ceux-ci se sauvent, mais les amoureuses ne cèdent pas pour si peu. Elles s'élancent à leur poursuite.
Pour se mettre hors d'atteinte, les bergers ne voient plus qu'un refuge, le pommier.
L'un d'eux court chercher une échelle, Vappriie contre l'arbre, et tous promptement y montent. Afin de couper toute communication, le dernier donne un coup de pied à l'échelle.
Maintenant, c'est au tour des amoureuses, réunies au pied du pommier, de supplier leurs amants huches sur les branches de descendre et de venir les embrasser.
Les hommes répondent à ces tendres avances en sifflant un air narquois.
Les pauvres abandonnées se lamentent, gémissent et tâchent de séduire les ingrats par des présents.
Les unes, d'un geste coquet, détachent des fleurs de leurs chevelures et les offrent à leurs galants pour orner leurs boutonnières. D'autres indiquent des doigts leurs joues à embrasser. D'autres enfin, dans une invite pratique et maligne, vont chercher des brocs, brandissent des pichets et convient les irréductibles à venir boire.
Avances inutiles ! Vaines supplications I C'est la grève des amants ! Ils restent insensibles.
Les nouvelles Putiphar appellent alors à leur aide les Amours.
Une troupe de jeunes enfants, portant des ailes et le
carquois traditionnels et ne se distinguant des amours mythologiques que par les sabots, accourent. Ils dansent autour de l'arbre une
SABOTIERE
et font mine de lancer des flèches aux rebelles amoureux. Ceux-ci ripostent à coups de sifflets. Alors la colère s'empare des sircjies dédaignées. Elles leident faire le siège de l'arbre. Quelques-unes tentent d'y placer une échelle, aussitôt renversée.
Les amours retiennent en scène, traînant une énorme scie. Catherine, aidée de ses camarades, se met en dexoir de scier le tronc de l'arbre pour faire choir les amoureux.
Cris de frayeur de ceux-ci, qui commencent à trouver la situation délicate. Les femmes ne prennent garde à leur effroi et continuent leur besogne axec une ardente frénésie.
La situation devient critique, aussi les récalcitrants arborent leurs mouchoirs en guise de drapeau et font signe qu'ils demandent à parlementer.
Les jeunes filles acceptent d'arrêter leur dangereuse opération, mais à une condition :
— Laquelle ? interrogent anxieusement leurs amis.
— Le mariage.
Moutement d'hésitation des amoureux. C'est graie, et il faut réfléchir. Quelques-uns, tout de suite, déclarent même la condition trop dure.
Et la scie, de nouveau manœuvrée par les intraitables,
fait prévoir une catastrophe. Déjà une légère oscillation se produit dans l'arbre et remplit de terreur les plus courageux.
Il n'est que temps et il faut capituler. On accepte donc toutes les conditions et les bergers s'empressent de descendre et de tomber dans les bras qui les attendent tendrement sous le pommier.