SCENE DEUXIEME
POLICHINELLE, à part.
Si je pouvais m'en emparer ! (Haut.) Mais il y a une suspension darmes.
LA MOUT
VowY te plaire, je veux bien tobéir. (Elle va poser la fa u.r près (le la maison, puis retenant vers Polichinelle.) Alors, tu ne m'aimes pas?
POLICHINELLE
Oh! ce n'est pas la mort ([iie je crains, c'est de m(nirir.
LA MORT
Poltron ! viens près de moi, approche.
POLICHINELLE, s'approcliant tout à fait.
Je veux bien, seulement il faut s'entendre. Il me plaît de vivre pour aimer et non daimerpour mourir.
LA MORT, ouvrant son manteau.
Est-ce (pie je te fais peur ?
POLICHINELLE
Oh! non! Je vois que tout se perfectionne, vous €tes au goût du jour.
LA .MORT
A ton goût ?
POLICHINELLE
Certes !
LA MORT, cherchant à l'entrainer.
.Mors, viens... L'amour sera du voyage.
POLICHINELLE
Ce serait délicieux... si je savais où nous allons.
LA MORT
Que fimportc, piiist(ue je te plais?
POLICHINELLE
Eii bien! soit! Mettons-nous en route... mais, avant, scellons la paix par un gage.
LA MORT
Plus tard...
POLICHINELLE
Ecoutez-moi. Tout à Tlieure, j'étais ivre de vin, je n'avais pas remarqué...
LA MORT
Quoi donc ?
POLICHINELLE, à part.
Soyons lyrique ! (Haut.) Tout ce qu'il y a en A'ous... de mystérieux, de charmant... Cette taille idéale... Ce regard triste et profond... Maintenant, c'est l'ivresse des sens qui s'empare de moi, c'est un élan irrésistible qui me jette à tes pieds. Je vais vers l'inconnu ; loin de moi les craintes vulgaires ! La passion me domine... m'enflamme, elle te réchauffera, c'est ton petit Polichinelle qui te le jure. Permets-moi de prendre... un baiser...
LA MORT, se défendant plus mollement.
Laisse-moi, Polichinelle, tu n'es pas raisonnable.
POLICHINELLE
Non, tu n'as pas d'amis, je serai le tien... mieux encore, ton amant !
// la lutine et cherche à l'embrasser, LA MORT, le repoussant en minaudant.
Plus tard...