‹ ThéâtreChapitre 18 sur 156 · SCENE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCENE DEUXIEME

POLICHINELLE, à part.

Si je pouvais m'en emparer ! (Haut.) Mais il y a une suspension darmes.

LA MOUT

VowY te plaire, je veux bien tobéir. (Elle va poser la fa u.r près (le la maison, puis retenant vers Polichinelle.) Alors, tu ne m'aimes pas?

POLICHINELLE

Oh! ce n'est pas la mort ([iie je crains, c'est de m(nirir.

LA MORT

Poltron ! viens près de moi, approche.

POLICHINELLE, s'approcliant tout à fait.

Je veux bien, seulement il faut s'entendre. Il me plaît de vivre pour aimer et non daimerpour mourir.

LA MORT, ouvrant son manteau.

Est-ce (pie je te fais peur ?

POLICHINELLE

Oh! non! Je vois que tout se perfectionne, vous €tes au goût du jour.

LA .MORT

A ton goût ?

POLICHINELLE

Certes !

LA MORT, cherchant à l'entrainer.

.Mors, viens... L'amour sera du voyage.

POLICHINELLE

Ce serait délicieux... si je savais où nous allons.

LA MORT

Que fimportc, piiist(ue je te plais?

POLICHINELLE

Eii bien! soit! Mettons-nous en route... mais, avant, scellons la paix par un gage.

LA MORT

Plus tard...

POLICHINELLE

Ecoutez-moi. Tout à Tlieure, j'étais ivre de vin, je n'avais pas remarqué...

LA MORT

Quoi donc ?

POLICHINELLE, à part.

Soyons lyrique ! (Haut.) Tout ce qu'il y a en A'ous... de mystérieux, de charmant... Cette taille idéale... Ce regard triste et profond... Maintenant, c'est l'ivresse des sens qui s'empare de moi, c'est un élan irrésistible qui me jette à tes pieds. Je vais vers l'inconnu ; loin de moi les craintes vulgaires ! La passion me domine... m'enflamme, elle te réchauffera, c'est ton petit Polichinelle qui te le jure. Permets-moi de prendre... un baiser...

LA MORT, se défendant plus mollement.

Laisse-moi, Polichinelle, tu n'es pas raisonnable.

POLICHINELLE

Non, tu n'as pas d'amis, je serai le tien... mieux encore, ton amant !

// la lutine et cherche à l'embrasser, LA MORT, le repoussant en minaudant.

Plus tard...

Page 1