‹ ThéâtreChapitre 23 sur 156 · L ABBE, FLORESTAN, ESTELLE · texte numérisé non relu

L ABBE, FLORESTAN, ESTELLE

Au lever du rideau, ils sont tous les trois à table; Floresian et Estelle placés rharun à un bout se tournent le dos et semblent fàcltés ; t'A bbé, qui est au milieu d'eux, soupe consciencieusement sans paraître s'apercevoir que, seul, il fait honne)irau.v victuailles. Il remplit son verre, l'élève hiératiquement comme il ferait <l'un calice et regarde avec béatitude le vin dont les rubis s'allument au feu des lumières. Puis, se tournant d'abord vers le marquis, ensuite vers lamarquise comme pour les inviter à trinquer avec lui, ne réussissant pas à les tirer de leur attitude maussade, il sourit et se décide, en philosophe qu'il est, à vider seul sa coupe.

FLORESTAN, à Estelle qui donne de vifs signes d'impatience.

Vous êtes nerveuse, ce soir...

ESTELLE

Et vous bien désagréable.

FLORESTAN

Qui de nous deux a, le premier, cherché noise à l'autre ?

ESTELLE

Vous.

Moi? Ah! par exemple!... j'en appelle à l'abbé.

ESTELLE

D'accord, que monsieur l'abbé se prononce.

l'abbé Vous voulez savoir ce que je pense?

FLORESTAN

Oui.

l'abbé, le verre à la main.

Sur cette mirifique tisane?

ESTELLE

11 ne s'agit point de cela.

l'abbé

Tant pis, madame la marquise!... c'est un des rares sujets que, foi de théologien, je puisse traiter avec éloquence.

ESTELLE

Vous vous moquez.

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