SCÈNE PREMIERE
l'abbé
Non pas.
FLORESTAN
Alors, ne vous dérobez point, répondez sérieusement à la question posée.
l'abbé, se levant.
Mon cher, en ces matières délicates, j'ai l'habitude de mabstenir, permettez-moi de n'y point déroger, et souffrez, l'heure étant déjà indue, que je prenne congé.
FLORESTAN, se lemut à son tour.
Uh! mais non! vous ne partirez pas encore.
ESTELLE
Restez, nous vous en prions !
l'abbé Alors, déridez-vous un peu!...
FLORESTAN
Pardon!... Depuis six mois que nous sommes mariés, c'est la première fois qu'un conflit...
l'abbé Conflit! c'est un bien grand mot pour une querelle futile. Le léger nuage qui vient d'occulter votre lune de miel va se dissiper dans un sourire et vous aurez oublié bientôt cette bouderie d'un instant.
ESTELLE
Je n'en ai pas moins raison.
FLORESTAN
Quel entêtement !
l'abbé Dieu me garde de juger entre vous, je finirais par être le seul à avoir tort.
ESTELLE
Pourquoi ?
LABBÉ
Parce que. II y a des vérités qui n'ont pas besoin d'être démontrées.
FLORESTAN
Cependant...
l'abbé
Choisi par vous comme arbitre, je devrais vous renvoyer dos à dos, ce que je ne veux pas; je préfère vous voir la main dans la main. Or, ce rapprochement s'accomplira sans mon intervention... Laissez-moi donc me retirer.
ESTELLE
Oh non, pas encore !
LABBÉ
Ce (( pas encore » est rassurant. Je me résous à rester, mais voici mes conditions : vous, madame la marquise, vous me ferez la grâce de quitter cette moue attristante bien que délicieuse, et vous, mon cher Florestan, le plaisir de changer de visage, car vos airs de bonnet de nuit sans coiffe me donnent l'envie d'aller dormir.
FLORESTAN
C'est dit!... Remettons-nous à table !
l"abbé A la bonne heure !... voilà qui est parlé!... Dans le