CHANSON DE CHARLES, DUC D'ORLÉANS
Dieu qu'il la fait bon regarder,
La gracieuse bonne et belle !
Pour les grands biens qui sont en elle
Chacun est prêt de la louer.
Par deçà, ni delà la mer
Ne sais dame ni demoiselle
Qui soit, en tous biens parfaits, telle.
Et c'est honte que d'y penser !
FLORESTAN
Eh bien ! l'abbé, ai-je chanté aussi mal que la Marquise le prétend ?
l'abbé
En vérité, non, vous vous en êtes tiré très agréablement.
(1) Dieu, qu'il la fait bon regarder! clianson de Charles, duc d'Orléans (1415), page 12 du premier volume des EcJios du temps passé, transcrits avec accompagnement de piano par J.-B. Wckerlin, en vente chez Durand et fils, éditeurs de musique, 4, place de la Madeleine, Paris.
ESTELLE
C'est beaucoup rlludulg-cnce.
LABBÉ
Un critique sévère pourrait assurément chicaner sur quelques petites choses...
FLORESTAN
Lesquelles ?
l'abbé Je ne suis pas ce critique et me tiens, quant à moi, pour pleinement satisfait.
ESTELLE
Moi, je maintiens que vous n'}' mettez ni le sentiment ni l'expression qui conviennent. Vons chantez beaucoup mieux Vldylle, d'Haydn.
FLORESTAN
Souffrez que je ne partage pas votre opinion.
ESTELLE
Celle que vous avez de vous-même est sans doute trop bonne.
Moi?
ESTELLE
Oui, vous ! puisque celle des autres ne compte pas. D'ailleurs, si je me trompe, l'abbé est là pour le dire. Chantez cette romance ; qu'il compare et se prononce !
FLORESTAN
Serviteur!... Le petit succès que je viens de remporter suffit à mon ambition. N'insistez pas ; cette