‹ ThéâtreChapitre 37 sur 156 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ELLE

Non, je nen crois rien.

LUI

Croyez-en mon cœur.

ELLE

Vous serez trompeur.

LUI

Croyez-en mes feux.

ELLE

Ils sont trop douteux.

LUI

Jugez-en par vos beaux yeux.

LABBÉ

C'est délicieux ! Vous dansez avec un charme... ESTELLE, à Florestan.

Pourquoi me baisez-vous la main ? Ce n'est pas ians le menuet.

FLORESTAN

Non, mais votre grâce m'a touché et je veux signer la paix avec vous.

ESTELLE

Comment?

L'abbé, qui n'a pas quitté le clavecin, reprend l'air du menuet.

Je capitule et j'accepte toutes vos conditions. Croyez-bien, ma chère Estelle, que la comtesse dont

50 LE CL7WECIN

vous me faites l'honneur d'être jalouse est aussi loin de ma pensée et de mon âme que je suis près de vous par les lèvres et le cœur.

l'abbé, à part et s' arrêtant de jouer. Que de choses dans un menuet !

FLORESTAN

Je n'aime que vous et jure de n'en aimer jamais d'autre.

L'abbé se lève et cherche son chapeau.

ESTELLE

Ah! Florestan, je suis bien heureuse. Pardon de mes mauvais soupçons. Et la preuve que je m'en repens, c'est que je vous permets de chanter demain la chanson du duc d'Orléans.

FLORESTAN

Non, Estelle, je chanterai l'Idylle qui vous plaît

mieux.

Il l'embrasse.

l'abbé Où est mon chapeau ?

florestan, le lui donnant.

Le voici.

l'abbé ■ Merci!... Vous ne me retenez plus?...

Non ! . . . mais combien d'excuses et de remerciements nous vous devons !... Sans vous, notre querelle durerait encore.

l'abbé

Comment?

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