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PREFACE

tent l'unité de lieu. Mais vous le voyez, le monologue remonte haut, mon cher Eudel ; par l'antiquité tout au moins c'est un grand seigneur.

Le monologue, les ombres chinoises, la pantomime, voilà des plaisirs délicieux. On aimerait mieux avoir fait le Misanthrope que Pierrot en Egypte — une pantomime de mon enfance — ou même que Pierrot petidu, mais Molière ne s"amusait-il pas à des ballets et à des entrées de masques qui ne sont que des pantomimes et dont, peut-être, on ne devrait jamais priver ses « entr'actes » ?

Catulle Mendès qui a composé des pantomimes singulièrement suggestives, terrifiantes, écrivait hier sur la pantomime des lignes exquises d'une précision étonnante : « Qu'est-ce que la pantomime? On répond : une comédie muette. Erreur! la pantomime n'est pas muette ; elle ne parle pas moins que la comédie parlée ! seulement elle parle, voilà tout, d'une autre façon. Elle n'est pas le verbe qui fait du bruit, mais elle est un verbe d'attitudes, de gestes, de clignements d'yeux, de pincements de lèvres. » Et ce verbe spécial, Catulle Mendès nous la, si je puis dire, admirablement fait entendre en nous le montrant figuré, traduit par le geste.

Vous parlez aussi cette langue, mon cher Paul Eudel, et vous la parlez fort bien. Que de

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