‹ ThéâtreChapitre 5 sur 156 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

la comédie et qui jouait seul ou avec Dolon des farces et des parades. Comédie ! Ceux qui ravalent le théâtre jusqu'à le considérer conmic une façon de digestif ou d'apéritif avant le souper, ne se doutent pas qu'ils sont de l'avis des étymologistes. Il y avait en Attique, dès le temps de Solon — dit quelque part un professeur érudit, B. JuUien — des fêtes qui se terminaient par des festins ou plutôt par des orgies. On les appelait Cùmos. Et les chants des cùmos couronnaient ces festins. D'où « comédies » et ce fut alors que Susarion intercala dans les chants des récits, puis des dialogues, mais surtout des monologues, et le monologue, cet art de dessert, se trouve ainsi renouvelé des Grecs et date de Solon tout simplement. Le monologue faisait rire les Athéniens comme il amusa les Français du dernier siècle et comme il distrait encore ceux du nouveau. On ne s'imaginait pas qu'il eût tant de quartiers et de lustres de nohlesse.

Aristote ne nous assure-t-il pas que Thespis n'employait qu'un acteur ? Point de dialogue sur le fameux char de Tiiespis. Seulement le monologue, le récit. Et le monologue, aujourd'hui, prend non plus le char^ mais le sleeping-car de Thespis pour aller en province. La Poétique d'Aristole n'avait point prévu le chemin de fer et les comédiens pas plus que les auteurs ne respec-

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