ACTE I, SCÈNE 'IV
KAUNITZ, THÉROIGNE, puis L'EMPEREUR.
KAUNITZ
M.-idcmoiscUe Théroigne de Méricourt, vos souhaits vont être exaucés.
Je serai entendue par l'Empereur?
KAUNITZ
Vous allez être à ses ordres.
THÉROIGNE
Eniin, je reprends espoir! L'Empereur, lui, ne craindra pas d'être équitable. L'excellent juge qui me retient depuis tant de mois a bien démêlé que je n'avais pas commis les crimes qu'on me reproche. Mais il n'ose pas s'en vanter.
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Vous reconnaîtrez, du moins, toute la mansuétude avec laquelle il a été procédé à votre égard ?
THÉROIGNE, soiiriaiil.
Je reconnais qu'on ne m'a pas mise à la torture.
KAUNITZ, sèchement.
L'Empereur ne l'a pas permis.
THÉROIGNE, avec un frémissement.
Comment ?. . .
KAUNITZ
Sa Majesté a voulu, jusqu'à ce jour, que vous vous défendissiez par des réponses spontanées. Mais vous seriez aussitôt rejetée dans le droit commun si, tout à l'heure, vous vous faisiez convaincre d'une contradiction, d'une réticence.
Je ne mens jamais. Je ne mentirai pas.
KAUNITZ
Je vous y engage, mademoiselle. Je devais, toutefois, dans votre intérêt, vous prévenir que
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le régime autrichien n'a pas aboli, comme la Trance, certaines méthodes légales, d'où sortent vite les grands cris de vérité...
THÉROIGNE, alarmée.
Oh ! monsieur, si je m'intimide, si je me trompe, l'Empereur aura-t-il la patience de me laisser me reprendre? Verrai-je dans ses yeux ce qu'il pense?... N'est-il ni brusque ni sévère?... Dites-moi, monsieur, comment est l'Empereur?
KAUNITZ, iiionlrant UopoU-Joseph qui entre par la gauche.
Le voici. (A l'Empereur.) Votre Majesté désire-t-elle que je reste présent?
Non, Kaunitz. Pour avoir chance qu'une femme ne joue point de comédie, c'est déjà presque trop d'un seul homme par qui clic se sente observée.
KAUNITZ, désignant le dossier.
Les documents sont là.
(Il sort par le fond.)
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SCEn.E V THÉROIGNE, L'EMPEREUR.