ACTE I, SCÈNE V
Sire!.
THÉROIGNE
Comme preuve de vos qualités de tête, je retiens, en outre, que vous aviez organisé, chez vous, le club des « Amis de la Loi », dont vous étiez l'archiviste. Des personnages marquants avaient adopté votre salon pour y faire de la politique... M. Sieyès, l'ancien président de l'Assemblée Constituante, le premier rédacteur de la déclaration des Droits de l'homme, on le cite comme un de vos fervents appréciateurs.
THÉROIGNE
Peut-être n'est-il pas indifférent à toute la vivacité de mon admiration pour lui.
l'emperf.ur.
N'est-ce que de l'admiration?
THEROIGNK.
On ne peut qu'admirer M. Sieyès. Il y a, dans son intelligence, une rigueur qui repousserait de l'aimer.
244 THÉ ROIGNE DK MERICOURT
LKMrEREUR.
Mademoiselle, vous ne voulez pas faire de confidences...
Sire, M. Sieyès a été ordonné prêtre. Il est resté chaste. Il m'a gagné l'âme, comme il appartient à un prêtre qui connaît l'art de parler aux cœurs blessés ou honteux.
L ' K M P E R P. U R , amsiiJlant le dossier.
Voici, en effet, une pièce qui projette une certaine ombre sur votre passé... Il paraît que, dans les années qui précédèrent 1789, on remarquait fréquemment à l'Opéra, surtout au concert spirituel, une inconnue, toujours seule dans une grande loge, couverte de diamants, et dont les relations, les ressources, étaient pour tous un mystère... Le rapport ajoute que c'est la même personne qui, depuis la Révolution, a reparu sous le nom de Théroigne de Méricourt.
THÉROIGNE
Sire, il y a déjà longtemps que je ne possède plus ni bijoux, ni luxe, ni rien, ayant répudié la première existence où m'avaient fait tomber