ACTE I, SCÈNE V
moi seulement, s'il y a lieu, de confirmer mon allégation.
MARIANNE
Étais-tu donc interrogée?... Hubert t'aurait-il marqué un soupçon?
PAULETTE
Non!... C'est moi que l'inquiétude agite, tant que je ne lui ai pas raconté, en rentrant, où je suis allée, quelles gens j'ai vus, ce que j'ai fait...
MARIANNE
Voilà un mari bien renseigné!... En tout cas, tu n'aurais pas dû disposer de mon nom, ni me destiner un emploi dans ce genre de comédie !
PAULETTE
Je ne pouvais pas prévoir qu'Hubert serait pris d'un beau zèle de politesse et dérogerait à SCS habitudes. Quand il réintègre Paris, il laisse toujours s'écouler quelque temps avant de venir te présenter ses devoirs. Mon invention alors aurait été déjà de l'histoire ancienne. Je n'y aurais pas craint d'allusion. Et je me serais épargné, crois-le, bien volontiers, de t'en instruire.
LE DEDALE
Vois dans quelles complications tu risques de m'entrainer : hier, je n'ai pas quitté ma mère de tout l'après-midi. Prétends-tu la mettre de complicité? Pour mon compte, je te déclare qu'en outre du respect je reculerais encore devant la rigueur que je lui connais sur le chapitre du mariage.
PAULETTE
Prétextons auprès d'elle que je n'aie pas voulu avouer à mon mari une visite de famille qu'il m'aurait défendue. Une brouille entre parents, quoi de plus naturel?
MARIANNE, sonnant.
Soit!... Faisons le nécessaire. (Au domestique qui est entré.) Demandez à ma mère si elle peut recevoir sa nièce de Saint-Éric.