‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 13 sur 220 · LE DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LE DOMESTIQUE

Mme Vilard-Duval est sortie.

MARIANNE

Sans m'avertir?

LE DOMESTIQ.UE.

Pendant que M, Le Breuil était là, elle a dit

A C Ti: I , s C È N E V 2 J

de ne pas déranger Madame, et qu'elle emmenait promener monsieur Louis.

MARIANNE

Bien.

(Le domestique sort.)

Quelle chance !

MARIANNE

Oui, si ma mère ne rentre pas trop tôt la situation est simplifiée. Mais il me reste, vis-àvis de moi-même, à m'accommoder d'un rôle qui me déplaît au delà de ce que je peux dire !

PAULETTE

Tu en exprimes assez par le ton que tu mets !

MARIANNE

Mais aussi, ma chère, depuis le temps que nous sommes liées, tu ne devrais pas ignorer combien je suis rebelle aux compromissions, et que je déteste le mensonge!

PAULETTE

J'ai peut-être eu un motif de croire que tu n'étais plus si intransigeante...

24 LE DEDALE

MARIANNE

Quel motif?

PAULETTE

Non, ne m'oblige pas à parler.

MARIANNE

Ah ! pas de réticence ! Tu as insinué : Explique!

Ce beau garçon qui sort d'ici...

MARIANNE

Guillaume?

PAULETTE

Oui, M. Le Breuil.

MARIANNE

Eh bien ?

PAULETTE

Eh bien, voilà ! C'est tout.

MARIANNE

Tu incrimines l'honnête affection qu'il me porte, et que je lui rends?

ACTEIjSCÈKEV 2$

PAULETTE

Depuis un an, M. Le Breuil ne te quitte pas. Cela saute aux yeux qu'il t'adore. Tu l'écoutés avec une prédilection visible. D'après tout cela, je ne me serais, sans doute, rien encore formulé moi-même. Mais le jour où l'on est venu me dire quelque chose...

MARIANNE

Tu ne fais que d'arriver. C'est donc de ta villégiature que tu rapportes un propos contre

moi ? De qui le tiens-tu ?

Ce n'est point de ton mari... de Max, veuxjc dire. Nous n'avons, d'ailleurs, plus aucune relation avec M. de Pogis. Hubert et lui se saluent lorsqu'ils se croisent, ce qui est inévitable entre gens si voisins...

MARIANNE

Et elle ?. . . Tu l'as rencontrée dernièrement ?

PAULETTE

. Je l'ai pu dévisager une fois sans qu'elle s'en aperçût. Elle a maigri. Ses yeux se sont creusés, mais ils n'en sont que plus impressionnants...

26 LEDÉDAI. E

MARIANNE

Laissons cette gueuse!... Qu'est-ce qui t'a parlé de moi ?

PAULETTE

La mère de Max. J'ai continué à la voir. Elle est bien innocente, et je la sais bien malheureuse de ce que son fils a été envers toi.

MARIANNE

Alors, comment se permet-elle sur moi des diffamations?

PAULETTE

Oh ! la pauvre femme ! Elle se défendait de tout jugement à ton préjudice. Elle me chargeait de te mettre en garde contre la médisance, dans l'intérêt de son petit-fils comme dans le tien. Il n'entrait que de la bonté dans ses recommandations.

N'importe ! Cette démarche contient pour moi un grave avertissement. Il est temps que je remédie au mal, par le sacrifice qu'il faudra... As-tu su qui m'avait accusée dans l'esprit de Mme de Pogis?

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