ACTE I, SCÈNE V Sj
QjLioi!... Est-ce possible?... C'est bien cela que vous avez dit?... Ah! Sire! merci!...
l'emperkur.
Il y a une condition.
Laquelle?
l'empereur.
Vous avez été si souvent et si violemment attaquée par vos adversaires que j'interprète cela comme la preuve d'une réelle influence sur le parti dont vous êtes. Vos détracteurs les plus passionnés ne contestent pas, d'ailleurs, que votre parole agisse fortement sur les masses, disposées à voir en vous une sorte de déesse de la Révolution. Reparaissez donc devant les auditoires que vous aviez conquis. Je vous charge de dire aux révoltés que, s'ils ne rentrent pas immédiatement dans Tobéissance de S. M. Louis XVI, nous venons les y remettre, les rois d'Europe et moi.
TIIÉROIGNE.
Sire, vous ne concevez pas de quel génie est animé, à cette heure, le peuple de la Révolu-
tion. Le langage que vous me feriez tenir ainsi serait bien dangereux pour la sécurité de toute cette Europe!
l'kmpereur.
Dites aux Français que du jour où leurs frontières auront été franchies par les troupes de Nos Majestés, de ce jour-là, les habitants des villes, bourgs et villages, qui oseraient se défendre seraient punis sur-le-champ, selon les rigueurs du droit de la guerre, et le toit des leurs sera brûlé.
THÉROIGNE
Sire, croyez-moi, à la première injonction de l'étranger, la France entière se lèvera pour affirmer son indépendance. On verra toute sa population courir aux autels de la guerre et y prêter le serment héroïque. Chaque citoyen se fera tuer plutôt que de renoncer à la ration de liberté, à la vendange de biens nouveaux dont il a commencé de se nourrir et de s'enivrer... Et rien qu'à l'idée de pareilles menaces, dans ce moment même, moi femme, moi captive encore, je sens bouillonner dans mon cœur d'irrésistibles fiertés !
l'empereur.
Dites aux Parisiens que si la demeure royale