‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 124 sur 220 · ACTE I r , s C K N E I · texte numérisé non relu

ACTE I r , s C K N E I

par l'Alsace et les Flandres. Alors, madame, le peuple s'est laissé persuader que Louis XVI spéculait, en ce moment, non pas sur la victoire des armes françaises, mais sur leur défaite. Le peuple a prodigué ses acclamations aux représentants qui se permettaient de déclarer la patrie en danger, de décréter la levée en masse... Maintenant, six cent mille hommes en train de se mettre en route contre l'étranger crient, par-dessus le bruit de leurs sabots, qu'ils ne laisseront pas en arrière d'eux une citadelle autrichienne!... C'est ainsi, madame, qu'ils désignent la royale demeure où nous sommes. Et voilà pourquoi Paris, qui est tout porté alentour, se délègue pour prendre les Tuileries !

MADAME CAMPAN

Au ton de votre langage, il semble bien que vous récriminez contre la politique de Sa Majesté?

JARJAYES

Moi I . . . Dieu m'en garde ! . . . Louis XVI défend son trône par les moyens auxquels on le réduit. Des sujets déloyaux, la menace et l'outrage à la bouche, s'efforcent de lui voler, un à un, ses droits héréditaires. Quand on est captif des brigands, je tiens pour légitime toute

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arrière-pensée, toute combinaison qui amènerait sa propre délivrance et leur écrasement. Oui ! à mes yeux, un roi n'a pour territoire sacré, pour sol natal, que la royauté. Les seuls compatriotes que je reconnaisse à un roi, ce sont les autres rois. Vous voyez ainsi jusqu'à quel point ma fidélité s'incline devant ce que le nôtre a fait... Cela ne m'empêche pas de comprendre ce que le peuple va faire!

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