‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 127 sur 220 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

MADAMK CAMPAN.

Ces deux hommes étaient sur le point de s'égorger!... Le second répliquait que la Constitution est entravée par le Roi...

VOIX DIVERSES

Oh!

JARJAYES

Voilà de quels défenseurs est pourvu le châ-

teau!

MARIE- ANTOINETTE

Oui, la moitié de la garde est du parti des Jacobins. On nous en a prévenus, n'est-ce pas, Elisabeth ?

MADAME ELISABETH, les yeux fixés sur Rœderer.

Ma sœur, vous vous souvenez que, lors du premier envahissement des Tuileries, il y a six semaines, le 20 juin, nous n'avons pu définir (Désignant Rcederer.) si monsieur le procureursyndic était pour ou contre nous, Qu'est-il en train de déchiffrer là-bas? Que nous présage de mauvais, entre ses mains, ce papier aux trois couleurs de la Révolution?

268 TIIÉROIGNE UE MÉRICOURT

MARIJÎ-ANTOINETTf:.

Allez lui demander.

MADAME ELISABETH, marchanl vers Rœdercr.

Qu'est-ce que vous tenez là ?

RŒDERER

Madame, c'est la loi de la force publique.

MADAME ELISABETH

Et qu'y cherchez-vous?

RŒDERER

Je cherche s'il est vrai que je sois autorisé à employer le canon d'alarme, à montrer le drapeau rouge, et à commander le feu sur les groupes, après trois sommations.

MADAME ELISABETH

Eh bien!... les circonstances vous donnentelles ce pouvoir?

RŒDERER

Madame, je ne le crois pas. D'après les termes, il n'y a lieu à procéder de la sorte que si la tranquillité publique est habituellement troublée. Or nous sommes, ce soir, en face

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