‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 130 sur 220 · SCE'ME FI · texte numérisé non relu

SCE'ME FI

Les Mêmes, moins RŒDERER et LACHESNAYE.

MARIE-ANTOINETTE, se laissant tomber sur un tabouret, à madame Elisabeth et à madame Campan qui l'encadrent.

Il faudrait pouvoir tenir un mois!... Nous savons l'itinéraire des émigrés et du roi de

Prusse. Nous savons quand ils vont être à Verdun et quand ils assiégeront Lille... Si nous gagnions quelques semaines, nous serions délivrés ! . . . Mais au point où nous sommes, le Roi n'adressera pas aux Parisiens le peu de paroles qui, bien articulées, centupleraient le nombre de nos défenseurs!... Il n'est pas poltron, mais il a peur du commandement et craint de haranguer des hommes réunis!... Pour moi, je saurais bien agir et monter à cheval. Mais ce serait anéantir le Roi que de me montrer à sa place. Une reine qui n'est pas régente ne peut rien en cette conjoncture, rien que se préparer à mourir!... (Un bruit de cloches se fait entendre.) Écoutez ! . . .

VOIX DIVERSES

Le tocsin!... le tocsin!...

(Toute l'assistance se porte vers la fenêtre, ou sur le balcon.)

MARIE- AN TOI NETTE

C'est Saint-Philippe?

MADAME ELISABETH

Oui, oui... (Un son plus fort.) Mais cela c'est Saint-Roch.

(Elle passe sur le balcon.)

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