ACTK II, SCENE VI
MADAME CAMPAN
On entend une troisième cloche.
MARIK-ANTOINETTK.
C'est Saint-Germain-l'Auxerrois ?
MADAME CAMPAN
Ou Saint-Eustaclie ?
JARJAYES
De l'autre côté de l'eau, on sonne aussi à grande volée !
MARIE-ANTOINETTE
Oui! toutes les églises!
MADAME CAMPAN
Ah ! Dieu nous abandonne, puisqu'il permet que les voix du ciel montent signifier vers lui l'attentat prochain contre Leurs Majestés chrétiennes !
MARIE-ANTOINETTE, à madame Campan.
Allez savoir ce que fait le Roi ! . . .
(Madame Campan sort par la droite, au premier plan.)
MADAME tLlS AhET H , du balcon, montrant mie tète effarée, à Marie-Antoinette.
Oh ! venez entendre, ma sœur !
MARIE-ANTOINETTE, à Jarjayes.
Quand j'aurai passé, veuillez joindre les battants de la fenêtre et les rideaux. (Indiquant le balcon.) Il ne faut pas se détacher, là, sur une lueur. Il y a dehors, dans l'ombre, trop de fusils !
(Elle disparaît sur le balcon. — Jarjayes exécute les prescriptions de la Reine. La fenêtre close ne laisse plus pénétrer qu'un son très affaibli du tocsin.)
SCÈlsiE VII JARJAYES, SULEAU.
JARJAYES, allant au-devant de Suleau qui entre par la porte de l'antichambre.
Mon brave Suleau!... Vous avez pu faire, une fois de plus, la navette entre la ville et le château... Nous ne sommes donc pas investis?