SCE'N.E IX
MARIE-ANTOINETTE, MADAME ELISABETH, JARJAYES, SULEAU, auELauEs Gentilshommes, puis LOUIS XVI. Il entre, dans son costume violet, par la porte du premier plan, à droite.
JARJAYES, le montrant à Suleaii.
Regardez le Roi : sa frisure est, d'un côté, tout aplatie et dépoudrée... Il vient de dormir!
M A R I E - A N T O I N E T T E , allant au Roi.
Sire, l'agression ne tardera pas. Votre existence peut être soudain mise en péril... Accordez-moi de couvrir votre poitrine avec ce gilet que je vous ai fait bâtir, où il y a un plastron.
LOUIS XVI
A quoi bon?... Non!
M A RIE- ANTOINETTE
Vous aviez bien consenti à le revêtir, l'autre
jour, pour vous rendre à cette célébration anniversaire de leur 14 Juillet.
LOUIS XVI
Cela pouvait servir contre un crime accidentel, contre un assassin solitaire. Mais si je dois incessamment me trouver au milieu de forcenés, ce n'est pas un gilet qui me sauvera, et je ne me sauverais pas davantage en me bardant de pied en cap. . . Non, madame : à tout prendre, j'aime mieux bénéficier d'un coup rapide, au sein.
MARIE-ANTOINETTE
Assurez-moi, Sire, que vous avez dicté des mesures... que tout ce qu'on peut imaginer va être accompli !
LOUIS XVI
Eh ! que veut-on que je fasse, si mal servi par les mieux intentionnés!... J'avais recommandé aux souverains alliés de n'avancer qu'avec mille ménagements dans mes provinces. Je voulais qu'ils s'y fissent précéder par une déclaration modérée, persuasive... Au lieu de cela, d'accord avec mes frères, ils ont fait signer au duc de Brunswick ce manifeste qui met le feu, par ses menaces, à toutes les pou-